Anacyclus pyrethrum
Anacyclus pyrethrum

(= A. depressus)

Anacyclus pyrethrum (L.) Link var. depressus (Ball) Maire — Anacycle déprimé, ou Pyrèthre du Maroc. Astéracée vivace, originaire des hautes montagnes du Maghreb, principalement du Haut Atlas et du Moyen Atlas marocains, où elle croît entre 1 800 et 3 600 mètres d'altitude, sur éboulis calcaires, rocailles et pelouses d'altitude exposées au soleil, dans des conditions de froid hivernal intense, de sécheresse estivale marquée et de drainage parfait.

Elle forme une rosette basale aplatie, strictement prostrée, d'où rayonnent des tiges rampantes courtes et ramifiées, portant un feuillage finement pennatiséqué, gris-vert à argenté, d'une texture douce et délicate rappelant celui de certaines achillées. Les capitules, solitaires au sommet de tiges dressées, sont de grande taille pour la plante : ils présentent un disque central jaune vif, bombé et compact, entouré de longues ligules blanches à rosées sur leur face supérieure, et d'un rouge carmin à pourpré intense sur leur face inférieure. C'est cette bicoloration, particulièrement spectaculaire sur les boutons encore fermés et sur les fleurs qui se referment le soir, qui constitue l'attrait ornemental majeur de la plante. La floraison intervient de mai à juillet selon l'altitude et l'exposition.

Sur le plan ethnobotanique et médicinal, la racine d'Anacyclus pyrethrum au sens large est utilisée depuis l'Antiquité dans les pharmacopées arabe, berbère et européenne. Elle contient des alkamides puissants, notamment la pellitorine, responsables d'une forte action sialagogue et anesthésiante locale : mâcher un fragment de racine provoque une salivation intense, des picotements et un engourdissement progressif des muqueuses buccales. Cette propriété lui a valu le nom de « Pyrèthre », du grec pyr, le feu, en référence à la brûlure ressentie. Elle était traditionnellement utilisée contre les maux de dents, les paralysies faciales et comme stimulant général, et figure encore aujourd'hui dans certaines préparations phytothérapeutiques.

En culture, c'est une excellente plante de rocaille, de muret et de jardin alpin. Elle exige un sol parfaitement drainé, léger, caillouteux ou sableux, en pleine exposition solaire. Elle tolère les hivers froids à condition que le drainage soit irréprochable, l'humidité stagnante en hiver étant sa principale cause d'échec en culture. Elle se propage par semis au printemps ou par division des touffes, et s'associe harmonieusement avec les Aubrieta, Armeria, Dianthus et Phlox subulé dans les compositions de rocaille printanières.