Aquilegia jonesii est l'une des ancolies les plus singulières et les plus convoitées de la flore nord-américaine, endémique des Grandes Plaines et des Rocheuses du nord, principalement du Wyoming, du Montana et des provinces canadiennes adjacentes de l'Alberta et de la Colombie-Britannique. Son épithète spécifique rend hommage au botaniste américain Marcus Eugene Jones (1852-1934), grand explorateur de la flore de l'Ouest américain.
Ce qui distingue immédiatement Aquilegia jonesii de la quasi-totalité de ses congénères, c'est son nanisme remarquable et son aspect absolument trapu et condensé. Là où la plupart des ancolies développent des hampes florales élancées de 30 à 80 cm, cette espèce forme de minuscules coussinets denses ne dépassant guère 3 à 8 cm de hauteur, aux feuilles biternésées très finement découpées, glauques et coriaces, parfaitement adaptées aux conditions extrêmes de son habitat naturel : les corniches rocailleuses calcaires et les éboulis alpins balayés par les vents, entre 2 000 et 3 500 mètres d'altitude.
Les fleurs, disproportionnellement grandes par rapport au feuillage, sont d'un bleu-violet à bleu-lavande délicat, portées solitairement au sommet de très courtes tiges florales, avec des éperons droits et relativement courts. Cette disproportion entre la fleur ample et le feuillage minuscule confère à la plante un charme absolument irrésistible aux yeux des amateurs de plantes alpines et de rocailleurs passionnés.
En culture, Aquilegia jonesii est réputée pour être l'une des ancolies les plus difficiles à satisfaire hors de son milieu naturel. Elle exige un drainage absolument parfait, un substrat calcaire pauvre, une exposition ensoleillée et une protection rigoureuse contre l'humidité hivernale stagnante. Elle est considérée comme un véritable défi même pour les rocailleurs expérimentés, et sa floraison réussie en culture constitue une source de légitime fierté pour les spécialistes de plantes alpines.