Sous-arbrisseau de la famille des Éricacées, le raisin d'ours est une espèce circumboréale d'une remarquable amplitude géographique : on le rencontre dans toute l'Europe montagneuse et boréale, en Asie du Nord et en Amérique du Nord. Dans les Alpes, les Pyrénées et le Massif central, il colonise les landes rocailleuses, les pinèdes claires, les pelouses d'altitude et les rochers ensoleillés, généralement entre 1 000 et 2 800 mètres, mais il descend parfois beaucoup plus bas en exposition froide.
Il forme des tapis rampants et denses, couvrant le sol d'un épais coussin de végétation ne dépassant guère 10 à 30 cm de hauteur. Les tiges ligneuses s'étalent et s'enracinent au contact du sol, colonisant progressivement de larges surfaces. Le feuillage est persistant, constitué de petites feuilles ovales, coriaces, luisantes, d'un vert sombre en été virant au rouge-bronze en hiver — une transformation particulièrement ornementale sous la lumière rasante des saisons froides.
Les fleurs, en petites grappes terminales, sont des urnes pendantes blanc rosé, caractéristiques des Éricacées. Dans son milieu naturel, la floraison s'étend de mai à juillet selon l'altitude ; en culture, elle intervient généralement en avril-mai. Les baies rondes, rouge vif, qui leur succèdent persistent parfois jusqu'à l'hiver suivant, offrant un second moment d'intérêt visuel.
Riches en arbutine, les feuilles sont employées depuis l'Antiquité en médecine traditionnelle pour leurs propriétés antiseptiques urinaires, un usage encore reconnu aujourd'hui en phytothérapie.
La plante réclame un sol acide, bien drainé, pauvre, en pleine lumière ; elle déteste les sols calcaires et les excès d'humidité stagnante. Son installation est lente mais, une fois établie, elle se révèle d'une grande longévité et d'un entretien minimal.