En culture, Armeria pubigera révèle des qualités que son habitat naturel ne laisse qu'entrevoir. Les jeunes pieds forment des touffes denses et bien ordonnées, couvertes de hampes florales de 20 à 30 cm portant des capitules blanc rosé d'une grande délicatesse, plus pâles et plus grands qu'on ne l'observerait sur le front de mer. En rocaille bien drainée, la floraison s'étale de mai à juillet.
Un des moments les plus remarquables est la sortie d'hiver : les rosettes étoilées, alors encore sans hampes, se couvrent de teintes orange cuivré à rouge brique soutenu, parfois proches du roux brûlé, qui contrastent vivement avec les jeunes pousses vertes du centre. Cette coloration hivernale, absente ou discrète dans les populations littorales exposées à la douceur océanique, s'exprime avec intensité sur les sujets cultivés en pot ou en auge.
Avec l'âge, la plante développe une charpente ligneuse ramifiée, tortueuse, couverte d'écorce grise et de cicatrices, portant en ses extrémités des touffes de rosettes encore vivaces : un port quasi-bonsaï, tout à fait inattendu pour une armérie, et qui en fait un sujet de collection à part entière.
La culture réclame le plein soleil, un drainage parfait et un substrat minéral pauvre. L'espèce, originaire des côtes atlantiques à hivers doux, supporte des gelées modérées mais se montre sensible aux froids prolongés ; une protection hivernale ou la culture en pot rentré dans une serre froide est conseillée dans les régions à hivers rigoureux.