Chamerion angustifolium

Chamerion angustifolium
Chamerion angustifolium

Vivace de la famille des Onagracées, cette espèce à très large distribution circumpolaire est présente dans toute l'Europe, l'Asie tempérée et l'Amérique du Nord. Elle colonise les clairières forestières, les coupes, les éboulis, les bords de chemins et les terrains perturbés, des plaines jusqu'à plus de 2 500 mètres d'altitude dans les Alpes et les Pyrénées, où elle forme souvent de vastes populations monospécifiques.

Elle dresse des tiges vigoureuses, solitaires et non ramifiées, atteignant 80 à 150 centimètres de hauteur. Les feuilles sont lancéolées, alternes, vert moyen sur le dessus et plus pâles en dessous, à nervure médiane bien marquée, disposées en spirale tout le long de la tige.

Les fleurs, à quatre pétales légèrement inégaux d'un rose vif à rose pourpré, sont réunies en longues grappes terminales pouvant compter plusieurs dizaines de fleurs qui s'épanouissent progressivement de la base vers le sommet. Les étamines et le style sont nettement saillants. À la fructification, les capsules allongées s'ouvrent pour libérer des graines surmontées d'une aigrette soyeuse blanche, transformant les tiges en panaches vaporeux particulièrement décoratifs en fin de saison.

Dans son milieu naturel, sa floraison s'étend de juin à septembre selon l'altitude. En culture, elle fleurit de juin à août.

Plante pionnière par excellence, elle fut l'une des premières espèces à recoloniser les ruines de Londres après les bombardements de 1940, ce qui lui valut le surnom anglais de fireweed, nom qu'elle partage avec d'autres continents où elle colonise de même les terrains brûlés. Les feuilles jeunes et les pousses étaient consommées cuits par diverses populations autochtones d'Amérique du Nord, et le nectar abondant de ses fleurs est très apprécié des abeilles, produisant un miel réputé dans les pays nordiques et en Russie.

En culture, elle s'accommode de la plupart des sols frais à bien drainés, en plein soleil ou mi-ombre. Sa vigueur et sa capacité à se propager par rhizomes doivent être prises en compte dans les petits espaces ; elle est mieux adaptée aux compositions naturalistes de grande ampleur, aux lisières ou aux jardins à caractère sauvage assumé.