Lathraea clandestina

Lathraea clandestina
Lathraea clandestina

photographiée dans les Landes en zones humides

Orobanchacées. Vivace parasite originaire d'Europe occidentale, principalement présente en France, en Espagne du Nord, en Belgique et en Italie. Elle pousse dans les sous-bois frais et ombragés, le long des berges de ruisseaux et des rivières, où elle parasite les racines de saules, peupliers, aulnes et noisetiers, du niveau de la plaine jusqu'à environ 1 000 mètres.

Plante entièrement dépourvue de chlorophylle, elle ne possède ni tiges feuillées ni feuilles vertes visibles : toute sa vie végétative se déroule sous terre, à travers un réseau de rhizomes blanchâtres portant des écailles charnues. Seules les fleurs émergent du sol au moment de la floraison, surgissant directement entre les feuilles mortes et les mousses comme par magie.

Ces fleurs, d'un violet-pourpre intense et lumineux, sont bilabiées, tubuleuses, regroupées en touffes denses rasant le sol. Elles atteignent à peine 5 à 8 cm de hauteur. Dans son milieu naturel, sa floraison s'étend de mars à mai, selon l'altitude et l'exposition.

Longtemps réputée incultivable, elle a pourtant été établie avec succès dans plusieurs jardins botaniques européens, notamment au Royaume-Uni où le RHS Garden de Wisley en donne un exemple notable. La clé réside dans le contact direct de fragments de rhizomes avec les racines d'un hôte compatible — saule, aulne, peuplier ou noisetier — dans un sol constamment humide et profondément ombragé. L'installation est aléatoire et peut demander une à deux saisons, mais une fois le parasitisme établi, la plante se maintient et se propage spontanément d'année en année. Son épithète latine, clandestina, dit tout de son caractère : elle agit à sa guise, invisible, et ne se révèle qu'au printemps.