Arctium minus
Arctium minus, la petite bardane, est une bisannuelle de la famille des Astéracées, présente dans toute l'Europe tempérée et parmi les bardanes les plus fréquentes en France, souvent plus commune qu'Arctium lappa dans les milieux ouverts et perturbés.
Aux abords de Luzarches, elle colonise volontiers les bords de chemins, les lisières de cultures, les talus et les ourlets nitrophiles ensoleillés ou mi-ombragés. La photographie d'ensemble la montre ici en bordure d'un champ de maïs, situation tout à fait caractéristique. Elle supporte des sols plus secs et plus compactés que la grande bardane, ce qui lui permet de s'installer dans des endroits plus exposés et plus fréquentés.
Par rapport à sa grande sœur, la petite bardane est sensiblement moins imposante, atteignant généralement 60 centimètres à 1,20 mètre, avec une silhouette plus grêle et moins buissonnante. Les feuilles sont de même type, cordiformes, vertes dessus et gris-cotonneuses dessous, mais nettement plus petites. Le caractère le plus immédiatement discriminant est la taille des capitules, qui ne dépassent guère 1,5 à 2 centimètres de diamètre contre 3 à 4 centimètres chez A. lappa. Les photographies de détail le montrent bien. Les capitules sont sessiles ou subsessiles, disposés en grappes le long des rameaux, souvent serrés les uns contre les autres, alors que ceux de la grande bardane sont portés par des pédoncules bien visibles. Les bractées de l'involucre sont vertes, à pointe crochue, plus courtes que les fleurs. Les fleurs tubuleuses sont rose-pourpre vif, parfois légèrement bicolores, dépassant nettement du capitule comme le montrent les gros plans.
Dans la nature, sa floraison s'étend de juillet à septembre.
Les capitules mûrs s'accrochent avec la même efficacité que ceux de la grande bardane aux poils et aux vêtements, assurant une dispersion zoochore très efficace. La plante est une ressource mellifère appréciée des bourdons, bien visibles sur la photographie d'ensemble en train de butiner les capitules en fleur. La racine de première année est également comestible, avec le même léger goût d'artichaut que celle d'A. lappa, mais elle est généralement plus mince et moins charnue, ce qui la rend moins intéressante à la récolte.
La distinction entre les trois bardanes présentes en Île-de-France, A. lappa, A. minus et A. nemorosum, peut être délicate sur le terrain. La taille des capitules et la longueur des pédoncules restent les critères les plus accessibles sans loupe.