Arum maculatum

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Arum maculatum

Arum maculatum, gouet tacheté, est une vivace de la famille des Aracées, présente dans toute l'Europe tempérée occidentale et commune en Île-de-France.

Elle affectionne les sous-bois frais et ombragés, les haies, les talus humides et les bords de chemins forestiers sur sols riches et bien drainés. Aux alentours de Luzarches, on la rencontre facilement en lisière de la forêt de Chantilly, dans les boisements de fond de vallon et le long des berges boisées de l'Ysieux, partout où l'humus est épais et l'ombre suffisante.

La plante est basse, ne dépassant guère trente à quarante centimètres à la floraison. Elle émerge tôt dans la saison, dès la fin de l'hiver, avec des feuilles sagittées d'un vert brillant et luisant, portées par de longs pétioles. Le limbe présente à sa base deux lobes bien marqués pointant vers le bas, ce qui donne à la feuille cette silhouette en fer de flèche immédiatement reconnaissable. Beaucoup d'individus portent des taches ou des marbures violet foncé à noirâtre, très variables en taille et en densité selon les plantes, parfois absentes. Ces taches sont bien visibles sur plusieurs des photographies présentées ici. La surface de la feuille est lisse, un peu cireuse, et reste inodore même froissée, ce qui est un critère important à retenir.

La structure florale est l'une des plus singulières de notre flore tempérée. Une large bractée en cornet, appelée spathe, d'un vert pâle parfois teinté de pourpre à sa base, enveloppe un axe charnu dressé, le spadice, généralement brun violacé à pourpre sombre. Les fleurs véritables, minuscules et séparées selon les sexes, sont dissimulées à la base de la spathe, invisibles de l'extérieur. Dans la nature, sa floraison s'étend d'avril à mai.

Le spadice développe pendant la floraison une chaleur propre, phénomène rare chez les plantes, pouvant dépasser de plusieurs degrés la température ambiante. Cette thermogenèse, associée à une odeur légèrement fétide, attire des petits insectes, principalement des moucherons du genre Psychoda, qui se trouvent temporairement piégés à l'intérieur de la spathe par un anneau de poils. Ils y assurent la pollinisation avant d'être libérés.

En automne, après que les feuilles ont entièrement disparu, la hampe florale persiste et porte un épi serré de baies d'un rouge orangé vif, très voyantes dans la végétation basse. C'est souvent à ce stade que la plante est remarquée par les promeneurs. Ces baies sont toxiques, comme l'ensemble de la plante, en raison de la présence d'oxalate de calcium sous forme de cristaux microscopiques et de saponines irritantes. Le simple contact d'une baie écrasée avec les lèvres ou la langue provoque une brûlure et une douleur vive dans la gorge, quasi immédiate, ce qui constitue en pratique un signal d'alarme naturel suffisamment dissuasif, y compris pour un jeune enfant. Une intoxication sévère par ingestion massive reste donc peu probable dans les faits, la douleur interrompant toute tentative de consommation bien avant qu'une dose dangereuse soit atteinte. En cas de contact, rincer abondamment la bouche à l'eau et consulter un médecin ou le centre antipoison si la douleur persiste.

Le rhizome contient de l'amidon en quantité notable. Il a été consommé en période de disette dans plusieurs régions d'Europe après traitement prolongé par cuisson ou séchage, destiné à détruire les cristaux d'oxalate. Cet usage de subsistance est documenté mais reste marginal dans la littérature botanique française.

La confusion avec l'ail des ours au stade végétatif a été mentionnée dans plusieurs notices de cette série. Le critère de l'odeur reste le seul fiable pour lever le doute sans risque. Les feuilles d'ail des ours dégagent une odeur franche d'ail dès qu'on les froisse légèrement, alors que celles du gouet tacheté restent parfaitement inodores.