Asparagus officinalis

Asparagus officinalis Asparagus officinalis Asparagus officinalis
Asparagus officinalis Asparagus officinalis Asparagus officinalis
Asparagus officinalis Asparagus officinalis
Asparagus officinalis

Asparagus officinalis, l'asperge sauvage, est une vivace de la famille des Asparagacées, largement répandue en Europe tempérée et présente dans toute la moitié nord de la France, où elle pousse spontanément sur les sols légers, sableux ou calcaires bien drainés.

Aux alentours de Luzarches, on la rencontre principalement en bordure de haies, sur les talus exposés, les lisières sèches et les bords de chemins enherbés, notamment sur les sols à tendance calcaire qui caractérisent une partie du territoire. Elle supporte bien l'ensoleillement et évite les milieux franchement humides. Sa présence à l'état sauvage dans ces secteurs est vraisemblable, certains pieds pouvant également provenir d'anciennes cultures ou de graines dispersées par les oiseaux friands de ses baies.

La plante peut atteindre un mètre et demi à deux mètres une fois développée, formant de grandes touffes aériennes et retombantes, d'un vert tendre en été, que les photographies restituent bien. Ce feuillage n'est pas constitué de vraies feuilles au sens botanique, mais de cladodes, des rameaux aplatis ou filiformes qui en tiennent le rôle. Ils sont regroupés en faisceaux le long des tiges, donnant à l'ensemble un aspect plumeux et léger, presque vaporeux, bien visible ici. En automne, l'ensemble du feuillage vire à un jaune doré puis à un brun orangé soutenu, très reconnaissable dans le paysage, comme le montrent plusieurs des photographies présentées.

Au printemps, la plante émet ses turions, ces jeunes pousses charnues et dressées, exactement identiques à ce que l'on trouve sur les étals. Ceux de la forme sauvage sont simplement plus grêles et plus fibreux que les variétés cultivées sélectionnées. La troisième photographie montre un turion au stade idéal de récolte, les écailles encore bien serrées contre la tige.

Les fleurs sont très discrètes, verdâtres à légèrement jaunâtres, en forme de petites clochettes pendantes portées par de fins pédoncules recourbés, isolées ou par deux à chaque nœud. La plante est dioïque, ce qui signifie que les fleurs mâles et femelles se trouvent sur des individus distincts. Seuls les pieds femelles portent des fruits. Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à juillet.

Les baies sont globuleuses, d'abord vertes puis rouge vif à maturité, bien visibles sur la deuxième photographie où l'on peut observer la transition entre une baie encore verte et une autre déjà orangée. Elles sont légèrement toxiques et peuvent provoquer des troubles digestifs en cas d'ingestion en quantité, sans atteindre la toxicité aiguë de certaines autres espèces de la même famille.

L'asperge est cultivée depuis l'Antiquité. Les Romains la consommaient et en organisaient déjà la culture à grande échelle. Elle figure dans les textes agronomiques latins, et l'empereur Auguste aurait utilisé l'expression proverbiale "velocius quam asparagi coquuntur", plus vite que ne cuisent les asperges, pour signifier qu'une chose est faite en un clin d'œil. La région du Vexin et les plaines sableuses du nord de l'Île-de-France ont longtemps été des zones de production importantes, et des pieds subsistant à l'état subspontané dans les haies et les chemins témoignent souvent de cette histoire agricole.

L'asperge sauvage est comestible et ses jeunes turions peuvent être récoltés et consommés comme ceux du commerce, à condition de ne prélever qu'en quantité raisonnable et sur des sites non traités. La tige plus fine des individus sauvages est souvent plus goûteuse, quoique plus dure à la base.