Aster sp.
Les plantes photographiées ici appartiennent au groupe des asters à fleurs blanches d'origine nord-américaine, communément appelés asters de Virginie ou asters d'automne, introduits en Europe comme plantes ornementales et aujourd'hui largement naturalisés. La détermination précise à l'espèce de ces asters nord-américains est délicate même pour un botaniste expérimenté, car plusieurs taxons proches coexistent souvent dans les mêmes stations et s'hybrident facilement. Les deux espèces les plus fréquemment rencontrées en Île-de-France dans ce type de milieu sont Symphyotrichum lanceolatum et Symphyotrichum novi-belgii, anciennement classées dans le genre Aster et encore souvent désignées sous ce nom dans la littérature courante. Les photographies présentées ici sont compatibles avec l'une ou l'autre, sans permettre de trancher avec certitude.
Ces asters sont des vivaces de la famille des Astéracées, originaires de l'est de l'Amérique du Nord, introduites en Europe dès le dix-septième siècle pour l'ornement. Elles se sont échappées des jardins et colonisent aujourd'hui de nombreuses stations rudérales et humides à travers toute l'Europe tempérée.
Aux alentours de Luzarches, ce type d'aster se rencontre principalement en bordure de l'Ysieux et de ses affluents, dans les zones humides et les friches riveraines, sur les berges enherbées, les fossés et les bords de chemins en milieu ouvert ou semi-ombragé. Les tiges robustes et les grandes colonies denses que l'on voit sur les photographies de port général sont caractéristiques de ces espèces en contexte alluvial ou frais.
Le port est franchement dressé et buissonnant, pouvant dépasser un mètre à un mètre cinquante. Les tiges sont striées longitudinalement, vertes à fortement teintées de violet pourpre, ce que les photographies en gros plan montrent très clairement, avec ces stries sombres courant sur toute la longueur de l'entre-nœud. Cette coloration violacée des tiges est un caractère utile sur le terrain, bien que variable selon les individus et les conditions. Les feuilles caulinaires sont lancéolées, sessiles, légèrement embrassantes à la base, à marge finement dentée ou presque entière selon les espèces. L'insertion de la feuille sur la tige, visible sur plusieurs clichés, montre une base légèrement auriculée et ciliée, ce qui oriente vers Symphyotrichum lanceolatum ou un taxon voisin, mais ce critère seul ne suffit pas à conclure.
Les capitules sont nombreux, regroupés en larges panicules très ramifiées qui donnent à la plante en fleur cet aspect d'un nuage blanc caractéristique, bien rendu par les photographies d'ensemble. Chaque capitule porte des ligules blanches, fines et nombreuses, autour d'un disque central jaune qui vire au pourpre rougeâtre après fécondation. Dans la nature, sa floraison s'étend de septembre à novembre, ce qui en fait l'une des dernières plantes à fleurir de la saison, très fréquentée par les derniers insectes pollinisateurs actifs à cette période.
Ces asters nord-américains sont considérés comme des espèces exotiques envahissantes dans plusieurs régions françaises, capables de former des peuplements denses qui concurrencent la végétation herbacée native des berges et des zones humides. Leur gestion est recommandée dans les espaces naturels sensibles, bien que leur éradication soit difficile en raison de leur reproduction végétative active par rhizomes. Leur valeur pour les pollinisateurs automnaux est réelle, mais elle ne compense pas les effets de leur expansion sur la diversité des communautés végétales riveraines.