Borago officinalis
Borago officinalis — bourrache officinale. Annuelle, famille des Boraginacées.
Originaire du bassin méditerranéen oriental, la bourrache est cultivée depuis des siècles en Europe pour ses usages culinaires et médicinaux. Elle s'est naturalisée largement et se rencontre aujourd'hui dans toute la France en dehors de ses jardins d'origine, souvent à proximité des habitations, des anciens potagers et des décombres. Plus au nord, elle se maintient par ressemis spontané d'une année sur l'autre sans jamais former de populations vraiment stables loin des zones habitées.
Autour de Luzarches, la bourrache se rencontre surtout comme subspontanée, échappée de jardins et installée en bordure de chemins, sur les talus fraîchement remaniés, les bords de champs et les terrains vagues. Les photos présentées ici, prises en lisière et sur sol nu travaillé, illustrent bien ce comportement d'opportuniste des milieux perturbés. Elle n'est pas une plante des pelouses naturelles ni des zones humides, mais profite de tout sol ameubli et riche en azote pour s'installer rapidement.
Le port est robuste et très caractéristique. La plante atteint facilement quarante à soixante centimètres, parfois davantage, avec une tige épaisse, creuse, dressée puis ramifiée, entièrement couverte de poils raides et piquants blanchâtres qui lui donnent un aspect hérissé immédiatement perceptible au toucher. Les feuilles sont grandes, ovales, ridées, d'un vert terne, également très velues, les inférieures pétiolées, les supérieures sessiles et légèrement amplexicaules. Froissées, elles dégagent une odeur fraîche, légèrement iodée, évoquant le concombre, ce qui constitue un repère olfactif fiable sur le terrain.
Les fleurs sont étoilées, à cinq pétales réfléchis d'un bleu vif et lumineux, parfois légèrement violacé, rarement blanc chez certains individus. Au centre, les étamines forment un cône sombre et proéminent, presque noir, très visible, composé d'anthères réunies en colonne pointue. Les sépales, longs et étroits, sont eux aussi densément hérissés de poils rougeâtres ou violacés, ce qui crée un contraste saisissant avec le bleu des pétales et donne aux boutons fermés une allure presque animale. Les fleurs sont pendantes avant l'anthèse et se redressent partiellement à l'épanouissement. Le fruit se divise en quatre nucules brunes rugueuses.
Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à septembre, parfois jusqu'en octobre lors des automnes doux.
La bourrache est une plante mellifère de premier ordre. Ses fleurs produisent un nectar abondant et sont visitées assidûment par les bourdons, dont la morphologie leur permet d'atteindre le nectar là où les abeilles domestiques peinent davantage. Une particularité mécanique mérite d'être signalée : les étamines sont disposées de façon à déposer le pollen sur le dos de l'insecte visiteur par un mécanisme de détente, ce qui favorise la pollinisation croisée.
Cultivée depuis l'Antiquité, la bourrache figure dans le capitulaire De Villis de Charlemagne, qui prescrivait sa culture dans les jardins impériaux au IXe siècle. Ses feuilles et ses fleurs étaient incorporées aux salades et aux boissons rafraîchissantes, usage que l'on retrouve encore dans certaines régions. Les fleurs, cristallisées au sucre, servaient de décoration comestible pour les pâtisseries. Sur le plan médical traditionnel, on lui attribuait des vertus sudorifiques et adoucissantes, aujourd'hui relativisées. L'huile extraite de ses graines, riche en acide gamma-linolénique, fait l'objet d'une production commerciale en Europe du nord, notamment en Angleterre.