Bryonia cretica

Bryonia cretica Bryonia cretica

Bryonia cretica subsp. dioica — bryone dioïque, navet du diable, vigne blanche. Vivace, famille des Cucurbitacées.

Une note nomenclaturale s'impose. La plante longtemps désignée sous le nom de Bryonia dioica est aujourd'hui rattachée par Flora Europaea et la plupart des flores récentes à Bryonia cretica comme sous-espèce. C'est cette entité, la seule présente en France du nord, qui est décrite ici.

L'espèce est répandue dans toute l'Europe tempérée et méridionale, de la péninsule ibérique jusqu'en Asie occidentale. En France, elle est commune dans la majorité des régions de plaine, plus rare dans les massifs montagneux. En Île-de-France, elle est signalée dans presque tous les secteurs et ne pose aucun problème de rareté.

Autour de Luzarches, la bryone est une présence familière des haies, des lisières buissonnantes, des bords de chemins ombragés et des talus arbustifs. Elle affectionne les ourlets nitrophiles en bordure des bosquets et des friches arbustives, ainsi que les haies des jardins et des anciens vergers. Les lisières de la forêt de Chantilly et les haies bocagères des environs lui offrent des conditions idéales. La photo montrant une plante grimpant abondamment sur un mur en bordure de lisière illustre parfaitement ce comportement opportuniste.

La bryone est une liane vivace grâce à une volumineuse racine tubérisée pouvant atteindre plusieurs kilogrammes, blanchâtre, charnue, profondément enfouie. Cette racine persiste d'une année sur l'autre et permet à la plante de repartir vigoureusement chaque printemps, produisant des tiges volubiles qui peuvent couvrir plusieurs mètres carrés de végétation en une seule saison. Les tiges sont grêles, anguleuses, hérissées de poils courts et raides, et s'accrochent à leur support grâce à des vrilles simples, non ramifiées, insérées à côté des feuilles.

Les feuilles sont pétiolées, à limbe palmatilobé à cinq lobes peu profonds, d'un vert terne, rugueuses au toucher sur les deux faces en raison d'une pubescence courte. Leur forme rappelle vaguement une feuille de vigne très simplifiée, ce qui explique le nom populaire de vigne blanche.

La plante est dioïque, c'est-à-dire que les fleurs mâles et femelles se trouvent sur des individus distincts. Les fleurs sont petites, blanc verdâtre, à cinq pétales nervurés de vert, réunis en grappes axillaires. Les fleurs mâles sont regroupées en inflorescences lâches, les femelles plus courtes et plus resserrées. Les fruits sont des baies globuleuses de six à huit millimètres, d'abord vertes et striées, puis rouge vif à maturité en automne, disposées en petits bouquets très décoratifs. Ces baies sont très toxiques pour l'homme, contenant des cucurbitacines et des lectines, et leur ingestion peut provoquer des troubles digestifs sévères. La confusion avec d'autres baies rouges comestibles est peu probable compte tenu du contexte, mais mérite d'être signalée.

Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à juillet, les fruits colorés étant visibles de septembre à novembre.

La racine de bryone était utilisée en médecine populaire comme purgatif drastique et révulsif, sous des dénominations comme navet du diable ou rave de serpent. Son usage interne est dangereux et a provoqué des intoxications mortelles. Paradoxalement, la ressemblance de la racine avec une silhouette humaine lui valut, comme à la mandragore, une réputation magique dans certaines régions, et des marchands peu scrupuleux la sculptaient pour la vendre comme fausse mandragore aux crédules. Hildegarde de Bingen la mentionnait déjà au XIIe siècle comme plante à manier avec précaution.