Buddleja davidii
Buddleja davidii — buddléia de David, arbre aux papillons. Arbuste à feuilles caduques ou semi-persistantes selon les hivers, famille des Scrophulariacées au sens large, parfois placée dans les Buddlejacées selon les classifications.
Originaire de Chine centrale et occidentale, introduit en Europe à la fin du XIXe siècle comme plante ornementale, le buddléia s'est naturalisé avec une rapidité et une vigueur qui en font aujourd'hui l'une des espèces exotiques envahissantes les plus répandues d'Europe tempérée. En France, il est présent dans la quasi-totalité des régions de plaine et sa progression continue d'être documentée par les bases de données naturalistes. En Île-de-France, il est signalé abondamment et son caractère invasif est reconnu par les gestionnaires d'espaces naturels.
Autour de Luzarches, le buddléia est visible dans des contextes très variés, comme en témoignent les photos présentées ici. On le rencontre en lisière de chemins, sur les talus routiers, dans les friches arbustives, mais aussi, et c'est frappant, dans les fissures de blocs calcaires et sur les substrats rocheux mis à nu, où il s'installe dès les premières années après la perturbation du terrain. Cette capacité à coloniser les substrats pauvres, secs et même minéraux, comme les carrières, les remblais caillouteux ou les ballasts ferroviaires, lui confère un avantage considérable sur la végétation indigène dans les milieux ouverts perturbés.
Le port est celui d'un grand arbuste touffu, souvent étalé et arqué sous le poids de ses inflorescences, pouvant dépasser trois mètres de hauteur dans les stations favorables. Les tiges âgées sont ligneuses et grisâtres, les jeunes pousses nettement quadrangulaires et recouvertes d'un feutrage blanchâtre à grisâtre. Les feuilles sont opposées, lancéolées à ovales-lancéolées, longuement acuminées, à marge finement dentée, vertes et légèrement rugueuses sur la face supérieure, densément tomenteuses et blanchâtres à grisâtres en dessous. Ce contraste entre les deux faces, bien visible sur les photos de feuillage, est l'un des repères les plus fiables pour identifier la plante même hors floraison.
Les inflorescences sont des épis cylindriques, denses et arqués, pouvant atteindre trente à quarante centimètres de long dans les belles stations, portés à l'extrémité des rameaux de l'année. Chaque fleur individuelle est minuscule, tubuleuse, à quatre lobes étalés d'un lilas mauve caractéristique, avec un centre orangé bien visible qui constitue un guide à nectar pour les insectes. Le parfum est doux, vanillé, perceptible à quelques pas. Les épis fanés prennent une teinte brun rouille et persistent longtemps sur la plante, ce qui donne aux individus en fin de saison un aspect mêlant grappes fraîches et grappes desséchées très reconnaissable depuis la lisière d'un chemin.
Dans la nature, sa floraison s'étend de juillet à octobre, parfois jusqu'en novembre lors des automnes doux.
La réputation de plante à papillons est méritée mais mérite d'être nuancée. Le buddléia offre effectivement un nectar abondant et très attractif pour les lépidoptères adultes, et un buisson en fleur peut rassembler simultanément plusieurs espèces de vanesses, de piérides ou de tabacs d'Espagne. Cependant, ses feuilles ne constituent pas une plante-hôte pour les chenilles d'aucun papillon indigène d'Europe, de sorte que son rôle dans le cycle de vie des espèces est limité à la ressource nectarifère pour les adultes. Par ailleurs, son caractère invasif dans les milieux ouverts peut conduire à l'élimination de plantes sauvages indigènes servant de plantes-hôtes aux chenilles, ce qui nuance considerablement l'image positive que lui vaut son succès auprès des papillons adultes.
Le nom de genre honore Adam Buddle, botaniste anglais du XVIIe siècle, et l'épithète spécifique rappelle le père Armand David, missionnaire et naturaliste français qui collecta la plante en Chine dans les années 1860 et dont l'œuvre naturaliste en Chine reste considérable, incluant également la découverte du panda géant et du cerf qui porte son nom.