Centaurium erythrea
Présente dans toute l'Europe, de la péninsule ibérique jusqu'à la Scandinavie méridionale, la petite centaurée est une plante des milieux ouverts et semi-ouverts sur sols pas trop riches, souvent calcaires ou neutres. Elle affectionne les pelouses sèches à humides, les prairies maigres, les bords de chemins herbeux, les clairières et les lisières.
Autour de Luzarches, on peut la rencontrer dans les pelouses calcaires des coteaux, sur les talus des chemins agricoles, en lisière des bois clairs et dans les prairies mésophiles peu fertilisées. Les bords de l'Ysieux et les zones prairiales adjacentes constituent également des habitats potentiels, notamment dans les secteurs où la végétation reste rase et ouverte.
La plante forme d'abord une rosette basale de feuilles ovales, obtuses, à nervures bien marquées, d'un vert franc. De là s'élève une tige dressée, rigide, nettement quadrangulaire, ramifiée en fourche dans sa partie supérieure, atteignant dix à quarante centimètres selon les conditions. Les feuilles caulinaires sont opposées, sessiles, plus étroites que les basales. L'ensemble est grêle et élancé, facilement perdu dans la végétation environnante quand il n'est pas en fleur.
Les fleurs sont ce qui attire l'œil. Réunies en corymbes denses et aplatis au sommet des rameaux, elles sont d'un rose vif à rose lilas, à cinq pétales soudés en tube étroit s'ouvrant en étoile. Les étamines, au nombre de cinq, portent des anthères jaunes qui se tordent en spirale après la déhiscence, détail visible de près et caractéristique de la famille des Gentianacées. Les boutons floraux sont étroitement fermés, d'un rose plus soutenu que les fleurs ouvertes. La plante a la particularité de refermer ses fleurs par temps couvert ou en fin de journée.
Dans la nature, sa floraison s'étend de juin à septembre, avec un pic en juillet sur les stations calcaires de la région parisienne.
Son nom fait référence au centaure Chiron de la mythologie grecque, à qui la tradition antique attribuait la découverte des propriétés médicinales de la plante. Cette réputation n'est pas usurpée sur le plan phytochimique : la petite centaurée contient des sécoiridoïdes amers, notamment l'érythrocentaurine, qui lui confèrent des propriétés toniques et stomachiques bien documentées. Elle figure dans de nombreuses pharmacopées européennes traditionnelles comme plante stimulant l'appétit et favorisant la digestion, et elle entre encore aujourd'hui dans la composition de certaines liqueurs amères et préparations officinales.