Centaurea nigra
Centaurea nigra L. — centaurée noire Astéracées. Vivace.
Répandue dans l'ouest et le centre de l'Europe, la centaurée noire est une plante des prairies mésophiles à humides, des bords de chemins herbeux, des lisières et des talus. Elle est plus nettement liée aux sols un peu frais et légèrement acides que la centaurée jacée, avec laquelle elle partage souvent les mêmes milieux et avec laquelle elle s'hybride fréquemment, ce qui complique parfois la détermination sur le terrain. En Île-de-France, elle est présente mais moins commune que la jacée.
Autour de Luzarches, on peut la rencontrer dans les prairies mésophiles de la vallée de l'Ysieux, sur les talus des chemins ruraux et en lisière des bois sur sols non calcaires. Les photographies illustrent des stations prairiales ouvertes, avec une végétation herbacée dense, milieux tout à fait cohérents avec sa présence dans le secteur.
La tige est dressée, robuste, rameuse dans sa partie supérieure, légèrement cotonneuse, atteignant quarante à quatre-vingts centimètres. Les feuilles sont lancéolées, les inférieures souvent pennatifides à lobes irréguliers, les caulinaires plus étroites et entières ou faiblement dentées, à surface un peu rugueuse au toucher. Le feuillage est d'un vert moyen, sans le gris bleuté parfois marqué de la jacée.
C'est l'involucre qui permet de distinguer la centaurée noire de la centaurée jacée avec le plus de certitude. Les bractées portent des appendices brun foncé à noirâtre, pectinés-frangés, à franges nombreuses et serrées recouvrant largement la bractée sous-jacente et donnant à l'involucre fermé un aspect sombre, velu et densément hérissé, bien visible sur les photographies des boutons. Cet involucre noirâtre et chevelu contraste fortement avec les fleurs roses à pourpres vif qui s'en échappent à l'anthèse. Chez la jacée, les appendices sont brun plus clair, moins frangés et moins recouvrants. Les individus intermédiaires, issus d'hybridation, présentent des caractères mixtes et peuvent résister à une détermination tranchée.
Les fleurs ligulées périphériques sont d'un rose pourpré vif, profondément découpées en lanières rayonnantes, souvent un peu plus resserrées et moins étalées que chez la jacée. Les fleurs du disque sont tubulées, de même teinte. L'ensemble du capitule ouvert a un aspect ébouriffé et dense.
Dans la nature, sa floraison s'étend de juin à septembre.
Comme la jacée, la centaurée noire est très fréquentée par les bourdons et les abeilles sauvages, qui trouvent dans ses capitules un nectar abondant. Les chardonnerets exploitent ses akènes en fin de saison. Dans une prairie fauchée tardivement, les deux espèces et leurs hybrides peuvent coexister et former des populations mêlées particulièrement difficiles à démêler sans examen attentif des bractées, de préférence sur des capitules encore fermés où les appendices sont pleinement visibles.