Cephalanthera damasonium
Cephalanthera damasonium (Mill.) Druce — céphalanthère à grandes fleurs, céphalanthère blanche
Orchidacées. Vivace.
Présente dans une grande partie de l'Europe tempérée, du sud de l'Angleterre jusqu'en Asie occidentale, la céphalanthère à grandes fleurs est une orchidée des sous-bois calcaires ombragés. Elle est assez bien représentée en Île-de-France, où les massifs forestiers sur substrat calcaire lui offrent des conditions favorables. Elle figure dans les données floristiques de plusieurs secteurs du Val-d'Oise et de l'Oise.
Autour de Luzarches, les lisières et les sous-bois de la forêt de Chantilly constituent son habitat naturel le plus probable, notamment sous les hêtraies et les chênaies-charmaies sur calcaire, où la litière est épaisse et la lumière filtrée. C'est une plante discrète qui passe facilement inaperçue hors floraison, et dont les stations peuvent varier d'une année à l'autre en termes d'effectifs visibles.
La tige est dressée, légèrement anguleuse, atteignant vingt à soixante centimètres selon les conditions d'ombrage et la vigueur des individus. Les feuilles sont ovales à ovales-lancéolées, embrassant la tige, nervurées, d'un vert franc, alternes et disposées régulièrement sur toute la hauteur de la tige. Elles sont bien visibles sur les photographies et constituent un bon repère pour reconnaître la plante avant floraison.
Les fleurs sont blanc crème, dressées, portées en épi lâche de trois à douze fleurs selon les individus. Chaque fleur est subtendée par une bractée foliacée verte, souvent aussi longue ou plus longue que l'ovaire, ce qui est un caractère distinctif par rapport aux autres céphalanthères. Les fleurs restent généralement à demi fermées, en forme de tulipe allongée, ne s'ouvrant que partiellement même à pleine anthèse. C'est précisément ce que montrent les photographies, avec ce galbe élégant et contenu qui donne à la plante son allure particulière. À l'intérieur de la fleur entrouverte, le labelle porte des crêtes orangées à jaune vif sur sa partie centrale, détail visible de près et bien capturé sur le gros plan.
Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à juin, avec un pic en mai dans les stations de plaine de la région parisienne.
Cette orchidée présente une biologie pollinisatrice originale. Ses fleurs ne produisent pas de nectar, mais les crêtes jaunes du labelle imitent visuellement des étamines à pollen, attirant des abeilles solitaires du genre Chelostoma par tromperie. Cependant, une part importante de la fructification se fait par autofécondation, ce qui explique que la plante puisse se reproduire efficacement même dans des sous-bois peu fréquentés par les pollinisateurs. Comme toutes les orchidées indigènes, elle dépend de mycorhizes spécifiques pour germer et se développer, ce qui la rend exigeante sur la qualité et la stabilité de son sol forestier.