Cichorium intybu

Cichorium intybu Cichorium intybu Cichorium intybu
Cichorium intybu Cichorium intybu
Cichorium intybu Cichorium intybu

Cichorium intybus, la chicorée sauvage, est une vivace de la famille des Asteraceae, présente dans toute l'Europe jusqu'en Asie centrale et naturalisée bien au-delà. Elle est commune dans toute la France, particulièrement abondante dans les régions de plaine sur substrats calcaires ou argileux.

Autour de Luzarches, la chicorée sauvage est une des plantes les plus faciles à observer le long des chemins empierrés, des bords de routes, des talus secs et des bordures de cultures. Elle apprécie les sols tassés et bien drainés, souvent calcaires, et supporte sans difficulté les endroits piétinés ou fauchés. On la rencontre fréquemment sur les coteaux exposés au sud, en lisière de champs et le long des voies agricoles. Elle est absente des milieux franchement humides mais peut descendre jusqu'aux fossés à condition que le sol ne soit pas gorgé d'eau.

La rosette basale, bien visible sur les photos prises en saison froide, est formée de feuilles allongées, runcinées à lobes rétrorses, rappelant celles du pissenlit mais plus rigides, à nervure centrale souvent teintée de rouge violacé. Ces feuilles sont rudes au toucher, légèrement hispides sur la face supérieure. En été, la tige florale s'élève à cinquante centimètres et peut dépasser un mètre dans les stations favorables. Elle est rigide, ramifiée à angle presque droit, creuse et contient un latex blanc laiteux amer. Les feuilles caulinaires sont réduites, embrassantes, à base auriculée.

Les capitules sont sessiles ou presque, insérés directement sur la tige ou sur de très courts rameaux, solitaires ou par deux ou trois. Chaque capitule est composé uniquement de fleurs ligulées, d'un bleu azuré lumineux assez inimitable, avec l'extrémité de chaque ligule découpée en cinq petites dents. Les étamines forment un tube sombre au centre, bien visible sur les photos. La couleur peut varier vers le bleu-lilas ou, plus rarement, vers le blanc ou le rose, mais le bleu pur est de loin le plus fréquent. Les capitules ne s'ouvrent que le matin et se ferment en milieu de journée par temps ensoleillé, ce qui peut surprendre un observateur qui chercherait la plante en fleur l'après-midi.

Dans la nature, sa floraison s'étend de juillet à octobre, parfois dès la fin juin dans les expositions chaudes.

La chicorée sauvage est l'ancêtre de plusieurs plantes cultivées, dont l'endive et la chicorée de Bruxelles, obtenues par sélection et étiolement. Sa racine torréfiée sert de succédané ou d'allonge au café, usage attesté depuis le dix-huitième siècle qui a donné naissance à une industrie active dans le Nord de la France, où des variétés à grosse racine sont cultivées à grande échelle. À l'heure où le café est de plus en plus exposé aux aléas climatiques et à la hausse des prix, la chicorée, elle, pousse toujours au bord des chemins sans que personne ne lui demande rien.