Cirsium oleraceum

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Cirsium oleraceum

Cirsium oleraceum — cirse des maraîchers, cirse potager

Vivace de la famille des Astéracées, le cirse des maraîchers se distingue de la plupart de ses congénères par une physionomie étonnamment douce pour un chardon. Sa tige robuste, non ailée, peut dépasser un mètre vingt, parfois davantage dans les stations favorables, et porte des feuilles d'un vert franc, peu ou pas épineuses sur leur surface, simplement dentées à lobées sur les bords avec de courts aiguillons marginaux. Les feuilles caulinaires supérieures embrassent la tige à leur base, détail visible à l'œil nu et utile sur le terrain.

La plante est répandue dans une grande partie de l'Europe tempérée, des plaines de l'Europe centrale jusqu'aux régions atlantiques, avec une préférence marquée pour les secteurs à climat frais et humide. En France, elle est présente dans le nord, l'est et le centre, mais se raréfie vers le sud et les zones méditerranéennes. En Île-de-France, elle est signalée de façon dispersée, essentiellement dans les vallées et les massifs forestiers.

Aux abords de Luzarches, le cirse des maraîchers est une plante de milieux frais et ombragés. On peut le rencontrer en lisière humide de la forêt de Chantilly, dans les clairières à sol engorgé, au bord des fossés et des rus qui alimentent le bassin de l'Ysieux, ou dans les mégaphorbiaies, ces formations à grandes herbes qui s'installent sur les berges riches en matière organique. Il affectionne les sols limoneux ou tourbeux, régulièrement inondés en hiver ou maintenus frais tout l'été. Les bords de chemins forestiers ombragés, surtout là où sourd un peu d'eau, constituent également un habitat typique.

Le port est celui d'une grande herbacée dressée, vigoureuse, formant parfois de belles touffes là où les conditions lui conviennent. Le trait le plus saisissant reste l'inflorescence : les capitules, regroupés en petits bouquets au sommet des rameaux, sont entourés d'une collerette de bractées foliacées larges, ovales, d'un vert pâle à jaunâtre, qui encadrent et dépassent souvent les têtes florales. Ces bractées involucrales, aplaties et peu épineuses, donnent à la plante un aspect très particulier qui la différencie immédiatement des autres cirses à capitules violets ou roses vifs. Les fleurs tubulées sont d'un blanc crème légèrement teinté de lilas ou de violet pâle, bien loin du pourpre intense du cirse des champs ou du cirse commun. Les bractées de l'involucre proprement dit sont étroites, appliquées, terminées par une pointe spinescente courte et molle.

Dans la nature, sa floraison s'étend de juin à septembre, avec un pic en juillet-août dans nos régions.

Le nom latin oleraceum fait référence aux plantes potagères, oleracea désignant en latin ce qui appartient au potager. Cette appellation rappelle que les jeunes pousses et les tiges étaient autrefois consommées, notamment en Europe centrale, où les feuilles tendres étaient mangées crues ou cuites, à la manière d'un légume feuille. La plante ne présente pas de toxicité connue. Sur le plan écologique, ses capitules attirent divers insectes butineurs, en particulier des bourdons et des papillons, même si sa couleur discrète la rend moins spectaculaire que ses cousins à fleurs vives. C'est aussi une plante hôte pour certaines larves de lépidoptères spécialistes des cirses.

Un dernier repère pour ne pas la confondre sur le terrain : aucun autre cirse indigène de la région ne présente à la fois ces grandes bractées foliacées jaunâtres encerclant les capitules et ces fleurs aussi pâles. Cette combinaison est unique parmi les chardons du nord de l'Île-de-France.