Cirsium palustre

Cirsium palustre
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Cirsium palustre — cirse des marais

Bisannuelle de la famille des Astéracées, le cirse des marais est l'un des chardons les plus répandus dans les zones humides d'Europe tempérée. Il couvre une aire très large, de l'Irlande à la Russie occidentale, et remonte assez loin vers le nord. En France, il est présent dans presque toutes les régions, avec une nette préférence pour les secteurs à pluviométrie soutenue et à sols engorgés. En Île-de-France, il reste bien représenté dans les vallées et les massifs forestiers, même si le drainage agricole a fait reculer ses stations au cours du siècle passé.

Aux abords de Luzarches, c'est une plante à chercher dans les prairies humides non ou peu fauchées, les bords de fossés, les ourlets des bois sur sol frais, et les clairières forestières où l'eau stagne en hiver. La vallée de l'Ysieux et ses abords constituent un habitat de choix, tout comme les secteurs engorgés en lisière de la forêt de Chantilly. Les photos correspondent à ce type de milieu, avec une prairie humide bordée d'arbres où la plante forme des peuplements bien visibles.

La silhouette du cirse des marais est reconnaissable de loin dès la deuxième année. La tige, qui peut atteindre un mètre cinquante dans les bonnes stations, est remarquablement ailée sur toute sa longueur, ces ailes étant bordées d'épines jaunes bien piquantes et serrées. C'est l'un des premiers critères à noter sur le terrain : aucun autre cirse commun de la région ne présente des ailes aussi développées et aussi uniformément épineuses tout le long de la tige. Celle-ci est dressée, ramifiée dans sa partie supérieure, et les rameaux portent de nombreux petits capitules regroupés en grappes denses.

Les feuilles sont profondément découpées en lobes portant chacun un ou plusieurs aiguillons raides. La face supérieure est d'un vert sombre, légèrement velue, la face inférieure plus grise et tomenteuse. Les feuilles basales, bien développées lors de la première année sous forme de rosette, sont souvent spectaculaires par leur taille et leur découpe.

Les capitules sont petits comparés à d'autres cirses, globuleux, réunis en groupes de deux à cinq à l'extrémité des rameaux. Les bractées de l'involucre sont étroites, violacées ou verdâtres, terminées par une épine fine. Les fleurs tubulées sont d'un pourpre vif, parfois presque magenta, qui tranche nettement sur le feuillage vert sombre et les épines. Cet ensemble — tiges ailées et épineuses, petits capitules nombreux et colorés — rend la plante très caractéristique une fois qu'on l'a rencontrée une première fois.

Dans la nature, sa floraison s'étend de juin à septembre, avec un pic en juillet dans nos régions.

Comme toutes les bisannuelles, le cirse des marais consacre sa première année à constituer une rosette basale, puis monte et fleurit la deuxième année avant de mourir. Cette stratégie lui permet de coloniser rapidement les milieux ouverts perturbés, notamment les coupes forestières humides ou les bords de chemins récemment remaniés. Ses akènes munis d'une aigrette plumeuse sont dispersés efficacement par le vent, et la plante peut former de véritables peuplements denses sur quelques années avant que la végétation ligneuse ne la concurrence. C'est une ressource mellifère appréciée des bourdons et des papillons, notamment des grands nymphalidés qui fréquentent les zones humides.