Cirsium vulgare
Cirsium vulgare — cirse commun, chardon commun
Bisannuelle de la famille des Astéracées, le cirse commun est l'un des chardons les plus familiers d'Europe. Son aire couvre la quasi-totalité du continent, de la péninsule ibérique à la Sibérie occidentale, et il a été introduit sur d'autres continents où il est parfois considéré comme envahissant, notamment en Amérique du Nord et en Australie. En France et en Île-de-France, il est abondant et banal, présent dans presque tous les milieux ouverts ou semi-ouverts.
Aux abords de Luzarches, on le rencontre pratiquement partout dès que le sol est un peu remanié ou enrichi : bords de chemins, talus, friches agricoles, lisières ensoleillées, bords de cultures, terrains vagues. Il s'installe volontiers sur les sols perturbés, compactés ou enrichis en azote, et supporte aussi bien les substrats calcaires des coteaux que les terres limoneuses des fonds de vallée. C'est une espèce compagne des activités humaines autant qu'une plante naturelle des ourlets et des clairières.
Comme le cirse des marais, il passe sa première année en rosette basale, souvent très développée, aplatie au sol, couverte d'un duvet grisâtre dense et hérissée d'épines jaunâtres robustes. Cette rosette hivernante est caractéristique et reconnaissable dès l'automne ou le début du printemps, bien avant que la tige ne se développe. Les photos de rosettes présentées ici illustrent bien cet aspect laineux et épineux, presque argenté sous certaines lumières.
La deuxième année, la tige monte rapidement et peut atteindre un mètre vingt, parfois davantage. Elle est ailée, comme chez le cirse des marais, mais les ailes portent des épines nettement plus longues et plus robustes, très piquantes, ce qui rend la plante franchement hostile au toucher. La face supérieure des feuilles est rugueuse, couverte de poils raides qui donnent une sensation râpeuse caractéristique, bien différente du simple velours de nombreuses autres espèces. La face inférieure est blanchâtre et tomenteuse. Les lobes foliaires se terminent par des épines longues et acérées.
Les capitules sont plus grands que ceux du cirse des marais, portés solitairement ou par deux ou trois à l'extrémité des rameaux, sur des pédoncules non ailés dans leur partie terminale. L'involucre est ovoïde à sphérique, bien armé de bractées terminées par une longue épine étalée. Les fleurs sont d'un pourpre vif, assez semblable à celui du cirse des marais, mais la taille des capitules et leur port plus isolé permettent de les distinguer sans difficulté.
Dans la nature, sa floraison s'étend de juillet à octobre, souvent jusqu'aux premières gelées dans nos régions.
Le cirse commun est une plante mellifère de premier ordre. Ses capitules sont fréquentés par une grande diversité d'insectes butineurs, des bourdons aux abeilles sauvages en passant par de nombreux papillons diurnes et nocturnes. Les chardonnerets élégants sont particulièrement attirés par ses akènes à aigrette, qu'ils récoltent avec habileté en s'accrochant aux capitules fructifiés. À l'échelle du paysage de Luzarches, une friche à cirses communs en fin d'été représente donc une ressource alimentaire notable pour la faune locale, souvent sous-estimée au profit de végétations plus spectaculaires.
Un point utile pour ne pas confondre le cirse commun avec le cirse des champs, Cirsium arvense, qui lui ressemble à distance par la couleur des fleurs : le cirse des champs est une vivace à tiges non ailées ou très peu ailées, à capitules plus petits et plus nombreux, et surtout il se propage par rhizomes en formant des colonies étendues, tandis que le cirse commun reste une bisannuelle isolée dont la dissémination est uniquement par graines.