Euphorbia amygdaloides

Euphorbia amygdaloides Euphorbia amygdaloides Euphorbia amygdaloides
Euphorbia amygdaloides Euphorbia amygdaloides

Euphorbia amygdaloides — euphorbe des bois

Vivace appartenant à la famille des Euphorbiacées, l'euphorbe des bois est répandue dans toute l'Europe occidentale et centrale, des îles Britanniques jusqu'aux Balkans et à l'Asie Mineure. En France, elle est commune dans la moitié nord et dans les régions montagneuses, avec une nette préférence pour les sols frais et ombragés des forêts caducifoliées. En Île-de-France, elle est bien représentée dans les massifs forestiers sur substrats limoneux ou calcaires frais.

Autour de Luzarches, c'est une plante des sous-bois et des lisières forestières ombragées, notamment dans les secteurs de la forêt de Chantilly et des boisements qui l'entourent. Les photographies hivernales montrent des tiges feuillées isolées parmi les feuilles mortes de chêne et de hêtre, contexte parfaitement représentatif des taillis et des lisières de chemins forestiers de ce territoire. En lisière, elle peut s'aventurer dans les ourlets herbeux mi-ombragés, mais elle évite les milieux ouverts et secs.

La plante est vivace par un rhizome persistant qui émet chaque année des tiges dressées pouvant atteindre trente à soixante centimètres. Son comportement est original parmi les euphorbes indigènes car elle est semi-persistante, conservant ses feuilles une grande partie de l'hiver. Ces feuilles hivernales, bien visibles sur les deux photographies prises en saison froide, prennent des teintes pourpres à bordeaux soutenu, surtout sur leur face inférieure et leurs bords, en contraste avec le vert bleuté de leur face supérieure. Ce rougissement hivernal est un repère de terrain très utile pour la reconnaître avant la floraison. Les feuilles sont oblongues à spatulées, sessiles, disposées en spirale dense le long de la tige, à nervure centrale bien marquée, et leur texture est légèrement coriace. Au printemps, de nouvelles feuilles d'un vert tendre et vif repoussent au sommet de la tige, comme on le voit sur la deuxième photographie où les jeunes pousses émergent franchement au-dessus du feuillage pourpre hivernal.

L'inflorescence est celle d'une euphorbe typique, structurée en cyathes, ces fausses fleurs propres au genre où ce qui ressemble à une fleur est en réalité un assemblage de bractées, de glandes et de minuscules fleurs réduites à l'essentiel. Chez l'euphorbe des bois, les bractées florales soudées par paires forment de larges écailles réniformes à orbiculaires, d'un jaune-vert lumineux très caractéristique, qui donnent à la plante en fleur cet aspect de nuage vert chartreuse si reconnaissable sur les premières et quatrièmes photographies. L'ombelle principale se divise en cinq rayons primaires qui se ramifient ensuite, produisant une inflorescence ample et légère. Les glandes nectarifères des cyathes sont en forme de croissant, détail visible à la loupe.

Dans la nature, sa floraison s'étend d'avril à juin.

Comme toutes les euphorbes, elle contient un latex blanc très irritant qui s'écoule immédiatement à la moindre blessure de la tige ou des feuilles. Ce latex était connu des herboristes et des campagnards comme caustique, utilisé pour brûler les verrues et certaines lésions cutanées, usage qui demandait une grande précaution car le contact avec les yeux ou les muqueuses provoque des réactions sévères. La prudence reste de mise lors de la manipulation de la plante sur le terrain.