Eupatorium cannabinum

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Eupatorium cannabinum — eupatoire à feuilles de chanvre

Vivace appartenant à la famille des Astéracées, l'eupatoire est répandue dans toute l'Europe, de la péninsule ibérique jusqu'en Asie centrale, et remonte jusqu'en Scandinavie méridionale. En France, elle est commune partout, avec une préférence marquée pour les milieux humides. En Île-de-France, elle est signalée dans la grande majorité des mailles, particulièrement le long des cours d'eau, des fossés et des berges boisées.

Autour de Luzarches, c'est une des plantes les plus caractéristiques des bords de l'Ysieux et de ses affluents, des fossés humides, des roselières basses et des mégaphorbiaies qui s'installent en lisière des zones humides. Elle forme volontiers de grandes colonies denses dans les ourlets humides en bordure de boisements alluviaux, contexte bien visible sur plusieurs photographies montrant des touffes imposantes avec les tiges sèches de l'année précédente encore debout parmi les nouvelles pousses.

La plante est immédiatement imposante. Ses tiges dressées et robustes, d'un rouge vineux à pourpre très soutenu, caractère visible sur l'ensemble des photographies, atteignent couramment cent à cent cinquante centimètres, parfois davantage dans les stations les plus favorables. Ces tiges sont finement velues, ce qui leur donne un aspect légèrement duveteux au toucher. Les feuilles, opposées et pétiolées, sont profondément divisées en trois à cinq segments lancéolés dentés, rappelant vaguement celles du chanvre cultivé, ce qui explique l'épithète cannabinum et le nom français. Cette ressemblance est superficielle mais suffisamment frappante pour avoir marqué les botanistes anciens. La dernière photographie montre bien cette disposition en étoile des segments foliaires, avec les nervures et les bords légèrement teintés de pourpre en fin de saison. La photographie détaillant les feuilles à contre-jour illustre la texture légèrement rugueuse et la dentelure nette des bords.

Les inflorescences sont des corymbes denses et larges, portés au sommet de la tige et des rameaux, composés de nombreux petits capitules cylindriques reunissant chacun une poignée de fleurs tubulées rose lilas à rose mauve, sans fleurs ligulées périphériques. Les styles très saillants et bifides donnent aux capitules épanouis cet aspect vaporeux et comme effiloché qui est l'un des traits les plus reconnaissables de la plante, bien visible sur les photographies en gros plan avec le bourdon visiteur. Les boutons sont d'abord d'un rose plus soutenu, presque carminé, avant de pâlir à l'anthèse. En fin de floraison, les aigrettes soyeuses des akènes mûrs prolongent l'aspect duveteux de l'ensemble avant la dispersion par le vent.

Dans la nature, sa floraison s'étend de juillet à septembre.

L'eupatoire était une plante médicinale réputée au Moyen Âge, et son nom de genre rappelle Mithridate Eupator, roi du Pont dans l'Antiquité, à qui la tradition attribuait la découverte de ses propriétés. Elle était utilisée contre les fièvres, les affections du foie et comme purgatif à doses élevées. Ces usages sont attestés dans de nombreux herbiers européens du seizième au dix-huitième siècle. Sur le terrain, la plante est aussi un repère écologique fiable, sa présence indiquant presque toujours un sol durablement frais à humide, et ses grandes colonies en fleur constituent l'une des plus belles taches colorées des bords de cours d'eau en plein été, fréquentées par une faune d'insectes particulièrement diverse.