Euphorbia lathyris
Euphorbia lathyris — épurge, grande euphorbe
Bisannuelle appartenant à la famille des Euphorbiacées, l'épurge est une plante d'origine probablement méditerranéenne ou asiatique dont la présence en Europe du Nord et centrale est en grande partie liée aux activités humaines, la plante ayant été cultivée et transportée depuis l'Antiquité pour ses usages médicinaux. Son statut d'indigène ou d'introduite ancienne, qualifiée d'archéophyte, est débattu pour la France septentrionale. Elle est présente dans une grande partie de l'Europe mais rarement abondante, apparaissant de façon dispersée et souvent liée à la proximité des habitations, des jardins ou des décombres.
Autour de Luzarches, l'épurge se rencontre surtout en bordure de chemins, dans les ourlets herbeux des haies et des lisières, et à proximité des zones habitées ou des anciens jardins. Sa présence en milieu semi-naturel résulte souvent d'une dissémination à partir de jardins où elle s'est ressemée spontanément. Les photographies montrent la plante dans un contexte d'ourlet herbeux dense, avec des graminées et des ombellifères en arrière-plan, ce qui correspond aux bords de chemins ou aux franges de friches caractéristiques de ce secteur.
L'épurge est une des euphorbes les plus faciles à reconnaître dans notre flore. Sa tige unique, dressée, très robuste, peut dépasser un mètre et présente une teinte glauque bleutée très caractéristique, particulièrement visible sur la troisième photographie montrant la plante en pied entier. Les feuilles sont sessiles, opposées et disposées en croix selon quatre rangées strictement orthogonales le long de la tige, créant une architecture d'une régularité presque géométrique qui ne ressemble à aucune autre plante de notre flore. Elles sont longues, étroitement lancéolées, coriaces, d'un vert glauque sur le dessus avec une nervure centrale blanche très marquée bien visible sur les deux premières photographies. Cette nervure pâle sur fond glauque est un repère immédiat sur le terrain. Les feuilles ne sont pas épineuses et leur texture est lisse.
L'inflorescence, visible au sommet des deux premières photographies, est constituée de cyathes typiques du genre, avec des bractées triangulaires à ovales d'un vert jaunâtre encadrant les minuscules éléments floraux. Les fruits, qui se développent rapidement, sont des capsules trilobées volumineuses et très caractéristiques, pouvant atteindre un centimètre, qui s'ouvrent à maturité en éjectant leurs graines avec une certaine force.
Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à juillet.
L'épurge doit son nom français à son usage purgatif, violent et dangereux, connu depuis l'Antiquité. L'huile extraite de ses graines était employée comme purgatif drastique dans la médecine traditionnelle européenne, et des auteurs anciens comme Dioscoride en décrivent l'usage avec des mises en garde sur les doses. Cette réputation de plante active et redoutable traverse les siècles, et elle était cultivée dans les jardins monastiques médiévaux pour cet usage. Comme toutes les euphorbes, son latex est fortement irritant pour la peau et les muqueuses, et ses graines sont toxiques. Une croyance populaire lui attribue la propriété d'éloigner les taupes lorsqu'on la plante dans les jardins potagers. Son efficacité réelle dans ce domaine reste invérifiable, mais la tradition est soigneusement entretenue par ceux qui en font commerce, ce qui assure à la plante une diffusion jardinière bien au-delà de ce que justifierait le seul hasard de la dissémination.