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Lactuca serriola

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Lactuca serriola — laitue scariole, laitue sauvage

Annuelle ou bisannuelle de la famille des Astéracées, la laitue scariole est présente dans toute l'Europe, des régions méditerranéennes jusqu'aux plaines du nord, où elle s'est répandue largement comme plante des milieux perturbés et des sols pauvres. En Île-de-France, elle est commune et s'observe sans peine aux abords des villages, sur les talus, le long des voies ferrées et dans les friches.

Autour de Luzarches, elle pousse volontiers sur les bords de chemins, les décombres, les pieds de murs, les terrains vagues et les lisières ouvertes. Elle apprécie les sols secs, bien drainés, souvent calcaires ou remaniés. Les abords des cultures, les talus exposés au sud et les zones rudérales du village lui conviennent parfaitement. Elle est moins attendue dans les milieux humides comme les berges de l'Ysieux, mais peut apparaître sur leurs franges sèches et ensoleillées.

La plante forme d'abord une rosette basale dont les feuilles, comme on le voit nettement sur les photographies, sont grandes, d'un vert soutenu, à nervation très marquée et pâle, avec un contour sinué à lobes arrondis ou anguleux selon les individus. Le bord des feuilles est finement denté de petites dents épineuses bien visibles à la loupe ou même à l'œil nu. La nervure centrale, sur la face inférieure, porte une rangée de fines épines blanchâtres, rigides et bien espacées, absolument caractéristiques de l'espèce et visibles sur plusieurs clichés de cette série. La tige, vigoureuse, peut atteindre un mètre à un mètre cinquante, parfois davantage dans les stations favorables. Elle est creuse, souvent teintée de rouge violacé à la base, et laisse échapper un latex blanc laiteux à la cassure. Les feuilles caulinaires embrassent la tige par deux oreillettes bien développées. Les fleurs, réunies en petits capitules, sont jaune pâle, discrètes, et s'ouvrent successivement sur une panicule ramifiée en fin de tige. Les fruits sont des akènes aplatis, surmontés d'un bec fin prolongé par une aigrette blanche, dispersés par le vent à la façon des pissenlits.

Dans la nature, sa floraison s'étend de juillet à septembre.

Un des traits les plus remarquables de la laitue scariole est l'orientation de ses feuilles caulinaires. Sur les individus exposés en plein soleil, elles tendent à se placer verticalement, leur tranche tournée vers le ciel et le sol, le limbe orienté est-ouest, de façon à éviter la surchauffe aux heures les plus chaudes. Ce comportement, désigné sous le nom de paraheliotropisme, lui a valu l'ancien surnom de boussole des pauvres ou herbe à la boussole. Des voyageurs et des botanistes anciens évoquent cette propriété, même si son caractère véritablement fiable comme outil d'orientation reste anecdotique dans les faits.

La laitue scariole est considérée comme l'ancêtre sauvage de la laitue cultivée. Ce lien est établi de longue date par les botanistes, et des formes intermédiaires s'observent parfois à proximité des jardins et des cultures maraîchères. La plante sauvage reste très amère en raison de son latex abondant, mais les jeunes feuilles en rosette étaient autrefois consommées après plusieurs rinçages ou cuisson. Dans la tradition populaire, le suc laiteux extrait des tiges et des feuilles était utilisé comme calmant léger, notamment pour favoriser le sommeil, usage transmis dans plusieurs régions de France et d'Europe et consigné dans les herbiers anciens.