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Lamium album

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Lamium album — ortie blanche, lamier blanc

Vivace de la famille des Lamiacées, le lamier blanc est répandu dans toute l'Europe tempérée, de la péninsule ibérique jusqu'en Scandinavie et à travers l'Asie. En France, il est commun dans la moitié nord du pays et se rencontre sans difficulté en Île-de-France, où il colonise volontiers les milieux frais et ombragés perturbés par l'homme.

Autour de Luzarches, il pousse en abondance sur les bords de chemins ombragés, les haies, les lisières de bois, les fossés et les talus herbeux frais. Les berges de l'Ysieux et leurs abords constituent un habitat de prédilection, tout comme les franges des boisements et les jardins abandonnés. Il se plaît dans les sols riches en azote, souvent là où l'ortie dioïque est présente, avec laquelle il est fréquemment confondu avant la floraison.

Le lamier blanc atteint généralement entre trente et soixante centimètres de hauteur. Sa tige est quadrangulaire, creuse, velue, souvent teintée de rouge violacé comme on le remarque nettement sur les photographies. Les feuilles, opposées, sont ovales à cordiformes, à bord doublement denté, couvertes de poils mous sur les deux faces, d'un vert sombre parfois lavé de reflets pourprés sur les jeunes pousses. Elles ressemblent fortement à celles de l'ortie commune, mais s'en distinguent immédiatement par l'absence totale de poils urticants et par l'absence d'odeur désagréable au froissement. Les fleurs, blanches, sont réunies en verticilles serrés à l'aisselle des feuilles supérieures. Chaque fleur présente une corolle bilabiée bien caractéristique, avec une lèvre supérieure en casque bombé, densément velue et frangée sur le bord, et une lèvre inférieure plus courte, découpée. Les étamines à anthères sombres, presque noires, sont visibles sous le casque. Le calice est également velu, à dents pointues bien marquées. L'ensemble du verticille donne à la plante une allure touffue et généreuse, particulièrement élégante de près.

Dans la nature, sa floraison s'étend de mars à novembre, avec des interruptions selon les conditions climatiques, ce qui en fait l'une des plantes mellifères les plus accessibles aux bourdons au début et à la fin de la saison.

Le lamier blanc a été de longue date récolté comme plante alimentaire et médicinale. Les jeunes feuilles et les sommités fleuries étaient consommées cuites, préparées comme des épinards ou incorporées à des soupes de printemps. Les fleurs, légèrement sucrées en raison du nectar qu'elles contiennent, étaient grignotées par les enfants à la campagne. La plante était aussi récoltée pour ses vertus supposées sur les troubles féminins et les inflammations, usage consigné dans de nombreux herbiers européens du Moyen Âge jusqu'au XIXe siècle, et transmis de génération en génération sous le nom d'ortie blanche dans les campagnes françaises.

La confusion avec l'ortie dioïque est fréquente chez les promeneurs peu attentifs, surtout en l'absence de fleurs. Il suffit pourtant de frôler le feuillage sans précaution pour lever le doute aussitôt : le lamier blanc ne pique pas.