Lamium purpureum
Lamium purpureum — lamier pourpre
Annuelle ou hivernante de la famille des Lamiacées, le lamier pourpre est présent dans toute l'Europe, des régions méditerranéennes jusqu'en Scandinavie. En France, il est extrêmement commun et figure parmi les mauvaises herbes les plus familières des jardins, des cultures et des chemins. En Île-de-France, il s'observe pratiquement partout dès les premiers jours doux de l'année.
Autour de Luzarches, il colonise les bords de chemins, les talus, les pieds de haies, les jardins potagers, les bords de cultures et les friches herbacées. Il supporte aussi bien le plein soleil que la mi-ombre et s'installe sur des sols très variés, pourvu qu'ils soient un minimum travaillés ou perturbés. Les photographies de cette série montrent des individus en pleine pelouse tondue, sur des talus enherbés et au pied de haies, ce qui reflète fidèlement sa plasticité écologique.
La plante est basse, rarement au-dessus de vingt-cinq centimètres, souvent couchée-ascendante, ramifiée dès la base. Ses tiges sont quadrangulaires, mollement velues, souvent teintées de rouge violacé. Les feuilles inférieures sont longuement pétiolées, ovales à réniformes, à bord crénelé, d'un vert terne et finement poilu. Les feuilles supérieures, sessiles ou presque, deviennent progressivement plus petites et souvent fortement teintées de pourpre ou de brun violacé, surtout par temps frais ou en fin de saison, donnant à la plante cette teinte sombre si reconnaissable visible sur plusieurs clichés. La nervation est très marquée, enfoncée sur la face supérieure, ce qui confère au limbe un aspect gaufrée bien visible de près. Les fleurs, roses à
pourpre rosé, sont regroupées en verticilles serrés à l'aisselle des feuilles supérieures. Chaque fleur présente la structure bilabiée typique des Lamiacées, avec une lèvre supérieure en casque court et densément velu, et une lèvre inférieure plus petite, souvent maculée de taches plus sombres. Le tube de la corolle est relativement étroit et allongé, ce qui réserve le nectar aux insectes à langue longue, principalement les bourdons. Le calice, velu, porte cinq dents fines et pointues bien visibles même sur les boutons.
Dans la nature, sa floraison s'étend de janvier à novembre dans les stations favorables, avec un pic au printemps. En hiver doux, il n'est pas rare de trouver des plantes en fleurs dès la fin janvier, ce qui en fait l'une des premières sources de nectar accessibles aux bourdons reine sortant d'hibernation.
Ce rôle de plante-ressource en tout début de saison est l'un des faits écologiques les plus remarquables de cette espèce discrète. Dans les jardins non traités et les bords de chemins enherbés, un seul carré de lamier pourpre en fleurs par une journée ensoleillée de février peut attirer plusieurs espèces de bourdons en quête de leur premier repas.
Les jeunes pousses du lamier pourpre étaient consommées cuites dans certaines régions rurales françaises, à la manière des autres lamiers, ramassées au printemps parmi les premières herbes tendres. La plante figure également dans des recueils de médecine populaire comme astringente et vulnéraire, appliquée en cataplasme sur les plaies légères ou les irritations cutanées, usage transmis jusqu'au début du vingtième siècle dans les campagnes du nord de la France.