Lathyrus tuberosus
Lathyrus tuberosus — gesse tubéreuse, macusson, chapelet
Vivace de la famille des Fabacées, la gesse tubéreuse est présente dans la majeure partie de l'Europe tempérée et continentale, du bassin méditerranéen jusqu'en Scandinavie méridionale. En France, elle est commune dans les régions de grande culture, notamment dans les plaines calcaires du Bassin parisien où elle peut former des colonies denses le long des champs.
Autour de Luzarches, c'est une plante des bords de chemins agricoles, des talus entre cultures et haies, et des ourlets herbeux sur sols calcaires bien drainés. Elle se rencontre volontiers en lisière des parcelles céréalières et dans les friches qui les bordent, souvent en compagnie d'autres espèces messicoles ou nitrophiles.
La tige est grêle, faiblement ailée ou simplement anguleuse, grimpante ou retombante selon le support, haute de quarante à quatre-vingts centimètres. Les feuilles ne portent qu'une seule paire de folioles, ovales, obtuses, glauques, bien visibles sur les photos, ce qui distingue immédiatement cette espèce des gesses à folioles multiples. Les stipules sont étroites et semi-hastées. Les vrilles sont ramifiées.
Les fleurs sont parmi les plus colorées du genre en région parisienne, d'un rose magenta vif, presque criard, avec des nervures bien marquées sur l'étendard et les ailes. Elles sont regroupées par deux à six sur un pédoncule grêle dépassant largement le feuillage, ce qui les rend très visibles de loin dans la végétation basse. Le parfum est discret mais réel.
Dans la nature, sa floraison s'étend de juin à août.
La plante tire son nom de ses tubercules souterrains, petits renflements ovoïdes disposés le long de rhizomes filiformes, qui lui servent de réserves et lui permettent de coloniser les terres cultivées en se reconstituant après le labour. Ces tubercules ont été consommés en Europe du Nord et centrale, crus ou cuits, jusqu'au XIXe siècle au moins, notamment dans les campagnes néerlandaises et allemandes où ils étaient ramassés dans les champs de seigle. Leur goût rapprocherait celui de la châtaigne selon les descriptions anciennes. En France, les noms populaires de macusson ou de chapelet font référence à ces chapelets de tubercules que l'on déterrait à la main.