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Leucanthemum vulgare

Leucanthemum vulgare Leucanthemum vulgare Leucanthemum vulgare

Leucanthemum vulgare — grande marguerite, marguerite des prés

Vivace de la famille des Astéracées, la grande marguerite est présente dans toute l'Europe, des plaines aux étages montagnards, et couvre la quasi-totalité du territoire français. Elle figure parmi les plantes les mieux représentées en Île-de-France, où les données de Florif la signalent dans la grande majorité des communes du Val-d'Oise et des départements voisins.

Autour de Luzarches, elle s'installe volontiers sur les coteaux calcaires bien exposés, les pelouses et les prairies peu fertilisées, les bords de chemins et de routes, ainsi que les lisières herbeuses en bordure de la forêt de Chantilly. Elle supporte une large gamme de conditions, du sol sec et maigre au sol plus frais, mais elle fuit les milieux engorgés et les zones vraiment humides. On la trouve aussi fréquemment dans les friches et en lisière de cultures abandonnées, où elle peut former des populations denses et spectaculaires.

La plante forme une touffe basale de feuilles sombres, luisantes, à bord nettement denté, d'où s'élèvent des tiges dressées et légèrement ramifiées, atteignant le plus souvent entre 40 et 70 centimètres. Les feuilles caulinaires sont sessiles, embrassant légèrement la tige, et leur bord crénelé ou lobé permet de distinguer assez sûrement la grande marguerite de certaines autres espèces proches. Chaque tige se termine par un unique capitule de grande taille, souvent entre 4 et 6 centimètres de diamètre, avec un disque central jaune d'or, bombé et dense, entouré d'un rang de longues ligules blanches légèrement élargies à l'extrémité. Le fruit est un akène sans aigrette.

Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à juillet, parfois jusqu'en août pour les individus en situation ombragée ou après une fauche tardive.

La grande marguerite a longtemps été employée dans les campagnes françaises comme plante vulnéraire, appliquée en cataplasme sur les plaies et les contusions. Une infusion de ses sommités fleuries était aussi utilisée contre la toux et les affections des voies respiratoires. Ces usages, documentés notamment chez Bonnier et dans les recueils de médecine populaire du XIXe siècle, témoignent d'une connaissance pratique transmise de génération en génération dans les milieux ruraux. Sur le plan écologique, ses capitules attirent une grande variété d'insectes pollinisateurs, abeilles sauvages, syrphes et petits coléoptères, ce qui en fait un élément important des prairies fleuries non intensifiées. Elle reste l'une des espèces les plus facilement reconnaissables de la flore commune, et l'une des premières que l'on apprend à nommer en parcourant les chemins de la plaine de France au début de l'été.