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Lythrum salicaria

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Lythrum salicaria — salicaire commune

Vivace de la famille des Lythracées, la salicaire est présente dans toute l'Europe, de la Scandinavie au bassin méditerranéen, ainsi qu'en Asie tempérée. Elle a été introduite en Amérique du Nord où elle est devenue envahissante dans certaines zones humides. En France, elle est commune sur l'ensemble du territoire dès lors que l'eau est présente. Les données Florif la signalent abondamment en Île-de-France dans tous les types de milieux humides ouverts.

Autour de Luzarches, c'est l'une des plantes les plus visibles de l'été le long de l'Ysieux et de ses fossés bordiers. Elle colonise les berges à sol constamment frais à engorgé, les roselières basses, les mégaphorbiaies et les bords de mares. Les photographies d'ensemble illustrent parfaitement ces contextes, avec des peuplements denses formant des massifs colorés en bordure directe du cours d'eau, parmi les phragmites, les massettes, la lysimaque commune et l'épilobe hirsute. Elle supporte une légère ombre mais s'exprime le mieux en pleine lumière, où ses épis atteignent leur développement maximal.

La plante est grande et bien charpentée, pouvant dépasser un mètre et demi dans les stations favorables. Les tiges sont dressées, robustes, à section nettement anguleuse, souvent teintées de rouge à la base, couvertes de poils fins. Ce caractère de la tige anguleuse est un repère utile même hors floraison. Les feuilles sont sessiles, lancéolées, opposées ou par trois, légèrement cordées à la base, d'un vert mat, velues sur les deux faces. L'inflorescence est un long épi terminal dense et serré, interrompu par des verticilles de bractées foliacées, ce qui lui donne cet aspect de chandelle légèrement étranglée par intervalles, bien visible sur les photographies de détail. Les fleurs sont d'un rose à pourpre vif, à six pétales froissés et ondulés insérés sur un calice tubuleux à dents alternativement longues et courtes, ce dernier caractère étant visible à la loupe. L'ensemble de l'épi, en pleine anthèse, produit une masse colorée remarquable qui se détache nettement sur le fond vert des berges. Les épis terminés en pointe non fleurie, encore verts au sommet, sont caractéristiques de la salicaire en début de floraison.

Dans la nature, sa floraison s'étend de juin à septembre, avec un pic en juillet et août.

La salicaire possède une particularité florale qui a fasciné les botanistes depuis Darwin, qui lui consacra une étude approfondie. Ses fleurs existent sous trois formes distinctes selon la longueur relative des styles et des étamines, un phénomène appelé trimorphisme. Dans une population donnée, on trouve des individus à style long, moyen ou court, chaque forme portant des étamines de longueur correspondante aux deux autres formes. Cette organisation favorise la pollinisation croisée entre formes différentes et limite l'autofécondation. La fécondité est maximale entre formes non identiques.

La salicaire a été largement utilisée en médecine populaire pour traiter les diarrhées, les hémorragies et les plaies. Ses feuilles et ses sommités fleuries étaient préparées en décoction ou appliquées directement sur les plaies cutanées. Cet usage est attesté dans de nombreuses régions de France et d'Europe, et la plante figurait encore dans les pharmacopées officielles au XIXe siècle. Les feuilles séchées et réduites en poudre servaient aussi à saupoudrer les ulcères rebelles.