Malva neglecta — mauve à feuilles rondes, petite mauve
Annuelle ou bisannuelle de la famille des Malvacées, la petite mauve est répandue dans toute l'Europe tempérée et une grande partie de l'Asie occidentale. Elle figure parmi les espèces les plus communes des milieux rudéraux du Bassin parisien.
Autour de Luzarches, elle s'installe sur les sols piétinés et enrichis en azote, aux abords des chemins de terre, le long des murs, dans les décombres, les jardins abandonnés et les cours de ferme. C'est une plante de proximité humaine, rarement éloignée des lieux habités ou fréquentés.
La plante reste basse et étalée, ses tiges couchées ou ascendantes ne dépassant guère trente à quarante centimètres. L'ensemble de la plante est couvert d'un fin duvet étoilé perceptible au toucher. Les feuilles sont arrondies, à bord crénelé, portées par de longs pétioles, avec cinq à sept lobes peu profonds rayonnant depuis le point d'attache, bien visibles sur les photos. Ce feuillage persistant et touffu forme souvent un tapis dense avant même que la plante ne fleurisse.
Les fleurs naissent en petits groupes à l'aisselle des feuilles, sur de courts pédoncules. Les pétales sont blancs à très légèrement rosés, striés de veines violettes bien marquées qui convergent vers le centre, donnant à la fleur ouverte un aspect rayonné caractéristique. La colonne staminale centrale, visible en détail sur les gros plans, est violacée. Les fleurs restent petites, nettement plus discrètes que celles de Malva sylvestris, et ont tendance à se refermer ou à s'incliner par temps couvert.
Le fruit est un schizocarpe aplati en forme de disque, composé de méricarpes disposés en couronne, souvent appelé "fromage" dans le langage populaire, ce qui a donné à la plante ses surnoms anglais de cheeseplant ou cheeseweed. Ces petits fruits verts puis secs sont bien visibles sur plusieurs photos d'ensemble.
Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à octobre.
La petite mauve a été utilisée de longue date pour soulager les irritations de la gorge et des voies respiratoires, sous forme de décoctions de feuilles ou de fleurs. On lui prêtait aussi des vertus apaisantes appliquées en cataplasme sur les inflammations cutanées. Ses feuilles jeunes ont été consommées en salade ou cuites, et ses fruits récoltés avant maturité mangés crus par les enfants des campagnes, qui appréciaient leur texture légèrement mucilagineuse. Ces usages sont attestés dans de nombreuses régions de France et d'Europe centrale jusqu'au début du vingtième siècle.