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Malva sylvestris

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Malva sylvestris — mauve sauvage, grande mauve

Vivace ou bisannuelle selon les conditions, appartenant à la famille des Malvacées. Commune dans toute l'Europe, de la Méditerranée jusqu'au sud de la Scandinavie, elle est présente dans la quasi-totalité de la France et figure parmi les plantes les plus familières des bords de routes et des terrains perturbés en Île-de-France.

Aux abords de Luzarches, la grande mauve se rencontre sans difficulté en bordure des chemins agricoles, au pied des murs, sur les talus des routes, dans les friches et les décombres. Elle affectionne les sols remaniés, riches en azote, bien exposés. Les bords de la D922 et des voies communales, les abords des hameaux et les lisières des zones cultivées sont autant de lieux où l'on peut la croiser sans chercher longtemps.

Le port est celui d'une plante robuste, souvent étalée-dressée, formant de larges touffes pouvant atteindre un mètre de hauteur, voire davantage dans les stations favorables. Les tiges sont solides, rameuses, couvertes de poils étoilés visibles à la loupe. Les feuilles sont longuement pétiolées, palmatilobées à cinq à sept lobes arrondis et crénelés, vert franc, douces au toucher. Le limbe est parcouru par des nervures rayonnantes depuis le point d'insertion du pétiole, bien visible sur les photographies des feuilles basales.

Les fleurs, groupées en petits bouquets à l'aisselle des feuilles, sont immédiatement reconnaissables à leurs cinq pétales rose-mauve vif, profondément échancrés au sommet et parcourus de veines violet foncé bien marquées formant des stries caractéristiques. Ces nervures sont particulièrement nettes sur les individus à fleurs bien développées photographiés ici. L'ensemble de l'androcée forme une colonne centrale blanchâtre typique des Malvacées. Les boutons encore fermés ont une teinte violet profond, presque pourpre, qui contraste avec la corolle ouverte.

Le fruit est un élément très instructif pour reconnaître la mauve à toutes les saisons. Jeune, il se présente comme un disque aplati vert, strié en segments bien distincts, posé dans la coupe du calice persistant — la forme évoque un petit fromage ou une roue, ce qui lui a valu le nom populaire de fromageon dans de nombreuses régions françaises. À maturité, les segments se séparent et brunissent, formant un anneau de méricarpes rugueux bien visibles sur les photographies de fruits secs.

Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à octobre, avec un pic en juin-juillet.

La mauve sauvage est l'une des plantes médicinales les mieux documentées de la tradition européenne. Ses feuilles, ses fleurs et ses fruits verts étaient utilisés depuis l'Antiquité en cataplasmes et en décoctions contre les inflammations de la gorge, les toux, les irritations intestinales et les affections cutanées. Dioscoride et Pline en parlent déjà, et les herboristes médiévaux la tenaient en haute estime. La tradition populaire française l'a longtemps préparée en tisane ou en gargarisme, et ses feuilles étaient parfois consommées crues ou cuites comme légume de fortune en période de disette. Les fruits verts, croqués directement sur la plante par les enfants des campagnes, ont une saveur douce et légèrement mucilagineuse qui n'est pas désagréable.