Matricaria discoidea — matricaire odorante, camomille sans ligules
Annuelle, appartenant à la famille des Astéracées. Originaire d'Asie orientale et du nord-ouest de l'Amérique du Nord, cette petite plante est aujourd'hui naturalisée dans la quasi-totalité de l'Europe tempérée, où elle s'est répandue au cours du XIXe siècle. En France, elle est désormais commune partout, particulièrement abondante dans les zones piétinées des agglomérations et des campagnes. En Île-de-France, elle figure parmi les adventices les plus banales des espaces urbains et périurbains.
Aux abords de Luzarches, elle colonise les chemins compactés, les entrées de ferme, les bords de trottoirs, les espaces piétinés autour des parkings et des aires de jeux, les fissures des revêtements. Elle supporte un piétinement intense qui élimine la plupart des autres plantes, ce qui lui laisse souvent le champ libre dans ces microhabitats ingrats. On peut la trouver également en bordure des chemins agricoles et dans les zones tassées des abords de cultures.
La plante est basse, rarement au-dessus de vingt à trente centimètres, souvent plus étalée que dressée dans les stations très piétinées. Le feuillage est très découpé, bipinnatifide, en segments fins et courts, d'un vert un peu glauque, doux à l'œil. Froissé entre les doigts, il dégage une odeur forte et caractéristique, fruitée et camphréephémère, qui évoque à la fois la camomille et l'ananas — d'où le nom anglais de pineapple weed parfois cité. Cette odeur suffit à identifier la plante sans hésitation, même avant de voir les capitules.
Les capitules sont la marque la plus frappante de l'espèce. Entièrement dépourvus de fleurs ligulées, ils se présentent comme de petits dômes ou cônes jaune-vert brillant, composés uniquement de fleurs tubulées serrées, posés sur un réceptacle conique creux. Le pourtour du capitule est garni de bractées à marge scarieuse blanchâtre bien visible. Aucune languette blanche, aucun rayon — cette absence totale de ligules est immédiatement distinctive par rapport à la camomille commune ou à la matricaire camomille avec lesquelles un regard rapide pourrait créer une confusion.
Dans la nature, sa floraison s'étend d'avril à octobre, avec une présence quasi continue dès le début du printemps.
L'histoire de sa diffusion en Europe est bien documentée. Signalée pour la première fois en Grande-Bretagne dans la seconde moitié du XIXe siècle, elle s'est propagée très rapidement le long des voies ferrées, des routes et des circuits commerciaux, profitant des transports de semences et de fourrage. En quelques décennies, elle a rejoint les coins les plus reculés du continent, devenant l'une des naturalisations les plus spectaculairement réussies de la flore européenne.