Narcissus pseudonarcissus subsp. pseudonarcissus — la jonquille sauvage, ou narcisse trompette, appartient à la famille des Amaryllidacées. C'est une vivace bulbeuse présente dans une grande partie de l'Europe occidentale, des prairies atlantiques de la péninsule ibérique jusqu'aux lisières forestières du nord de la France. En Île-de-France, son statut est particulier : considérée comme indigène dans certains secteurs, elle a aussi été largement favorisée par les plantations anciennes, et la frontière entre populations spontanées et naturalisées est souvent difficile à établir avec certitude.
Elle pousse dans les sous-bois clairs, les lisières humides et les prairies fraîches, sur des sols ni trop secs ni engorgés, riches en humus. Autour de Luzarches, on la trouve notamment dans les bois et les parcs anciens, où elle peut former, en conditions favorables, des tapis denses d'une ampleur saisissante sous les grands arbres.
La plante atteint 20 à 35 cm de hauteur. Ses feuilles sont longues, étroites, d'un vert glauque légèrement bleuté, dressées puis retombantes. Chaque tige ne porte qu'une seule fleur, penchée à maturité, avec six tépales blanc crème à jaune pâle étalés en étoile autour d'une longue trompette centrale d'un jaune vif bien distinct. C'est précisément ce contraste entre les tépales clairs et la trompette jaune intense qui distingue immédiatement cette jonquille sauvage des nombreuses variétés de jardin, souvent uniformément jaunes.
Dans la nature, sa floraison s'étend de février à avril selon l'exposition et l'altitude.
Toute la plante est toxique, en particulier le bulbe, qui contient des alcaloïdes puissants. Cette toxicité la protège efficacement du gibier, ce qui explique en partie sa capacité à coloniser durablement certains sous-bois. Au Moyen Âge, le bulbe était parfois utilisé en usage externe comme émétique ou révulsif, mais ces pratiques, aujourd'hui abandonnées, présentaient des risques réels. Le nom de genre Narcissus ne renvoie pas au mythe de Narcisse comme on le croit souvent, mais viendrait selon certains étymologistes du grec narké, la torpeur, en référence aux propriétés narcotiques de la plante.