Parietaria judaica
Parietaria judaica — pariétaire de Judée, pariétaire des murs
Vivace de la famille des Urticaceae, la pariétaire de Judée est répandue dans toute l'Europe méridionale et occidentale, remontant assez loin vers le nord le long des façades exposées au sud et des vieux murs urbains. En France, elle est commune dans les deux tiers sud du pays et se montre bien établie en région parisienne, où les constructions anciennes et les murs de pierre calcaire lui offrent des supports durables.
Autour de Luzarches, c'est une plante des vieux murs de clôture, des soubassements d'église, des ruines et des talus pierreux en bordure de village. Elle affectionne les interstices des maçonneries calcaires exposées à mi-ombre ou à l'ombre, où l'humidité stagne légèrement entre les pierres. On peut la rencontrer au pied des murs longeant les rues du bourg ancien, dans les recoins abrités des cimetières ou contre les murs de propriétés construits en calcaire lutétien, matériau omniprésent dans le secteur. Elle ne s'aventure guère dans les milieux ouverts ni dans les cultures, restant fidèle aux substrats bâtis ou fortement anthropisés.
La plante forme des touffes étalées et retombantes, rarement dressées au-delà de 40 à 50 centimètres, souvent bien plus basses quand elle colonise des surfaces verticales. Les tiges sont grêles, rougeâtres à maturité, couvertes de poils fins qui leur donnent un aspect légèrement velouté. Les feuilles sont alternes, ovales-lancéolées, entières, à surface luisante sur la face supérieure avec des nervures bien marquées, et portant des poils courts et couchés sur les deux faces. Elles dégagent une légère odeur herbacée quand on les froisse. Les fleurs sont minuscules, verdâtres, regroupées en petits glomérules axillaires à peine visibles à l'œil nu, accompagnées de bractées. On distingue sur la même plante des fleurs mâles, femelles et hermaphrodites, caractère propre au genre. Les stigmates, d'un rose vif et plumeux bien visibles sur les photographies, constituent le seul élément coloré de la fleur et servent à capter le pollen transporté par le vent. Le fruit est un minuscule akène brillant, brun foncé, enchâssé dans le périanthe persistant.
Dans la nature, sa floraison s'étend de avril à octobre, avec une continuité remarquable qui la distingue de la plupart des plantes compagnes des murs.
La pariétaire est une plante anémophile particulièrement active, dont le pollen est reconnu comme l'un des principaux responsables des allergies respiratoires estivales dans les villes du sud de la France et du pourtour méditerranéen. Dans les régions plus septentrionales comme l'Île-de-France, son impact allergisant est plus modéré en raison de populations moins denses, mais la plante n'en est pas moins présente et en fleur une bonne partie de l'année.
Dans les traditions herboristes européennes, la pariétaire était considérée comme une plante des reins et des voies urinaires. Ses feuilles fraîches, préparées en infusion ou en décoction, étaient utilisées pour favoriser l'élimination rénale et soulager les irritations de la vessie. Cet usage est mentionné dans de nombreux herbiers du Moyen Âge et de la Renaissance, et Bonnier signale son emploi populaire persistant jusqu'au début du vingtième siècle. On lui prêtait également des vertus émollientes appliquées en cataplasme sur les brûlures légères et les inflammations cutanées.
Son nom de pariétaire vient directement du latin paries, le mur, ce qui en fait l'une des rares plantes dont le nom commun décrit aussi précisément l'habitat. Difficile de mieux choisir, tant la plante semble avoir fait des vieilles maçonneries son territoire exclusif, s'y installant avec une discrétion et une ténacité que les jardiniers connaissent bien.