Picris echioides
Picris echioides — picris fausse vipérine, helminthie fausse vipérine
Annuelle ou bisannuelle de la famille des Astéracées, cette plante est présente dans toute l'Europe méridionale et occidentale, et remonte assez loin vers le nord dans les régions à influence atlantique ou continentale tempérée. En France, elle est commune dans les plaines agricoles, plus rare vers le nord-est et en altitude. En Île-de-France, elle est bien représentée dans les zones de grandes cultures et les milieux rudéraux, signalée régulièrement dans le Val-d'Oise et les départements voisins.
Autour de Luzarches, la picris fausse vipérine s'observe surtout en bordure de champs, dans les jachères, les bords de chemins et les friches sur sols argileux ou limoneux, souvent en compagnie d'autres grandes annuelles nitrophiles. Elle apprécie les terres travaillées ou récemment perturbées, et peut former des populations denses là où le sol a été retourné ou enrichi.
Le port est dressé et ramifié, atteignant généralement entre quarante et quatre-vingts centimètres. L'ensemble de la plante est couvert de poils raides et crochus, visibles à l'œil nu, qui accrochent immédiatement au toucher et confèrent à la tige comme aux feuilles une texture âpre, presque agressive. Ce caractère tactile est l'un des premiers repères sur le terrain. Les feuilles sont oblongues à lancéolées, à bords irrégulièrement dentés ou ondulés, parsemées de petits points blanchâtres correspondant à la base renflée des poils. Sur la face supérieure des feuilles, ces points blanchâtres cerclés de violet sombre sont très caractéristiques et reconnaissables à la loupe ou même à l'œil nu sur des feuilles adultes. Les feuilles caulinaires sont amplexicaules, embrassant la tige par deux oreillettes arrondies.
Les capitules, portés sur des pédoncules épaissis et hérissés, sont entourés d'un involucre dont les bractées extérieures sont larges, foliacées et épineuses, formant une sorte de collerette verte et piquante bien visible avant même l'ouverture de la fleur. Cette collerette à grandes bractées étalées est un trait distinctif immédiat qui sépare la picris fausse vipérine de la plupart des autres composées jaunes. Les fleurs ligulées sont d'un jaune vif franc, et les capitules ouverts, assez larges, ont l'allure générale d'un pissenlit mais dans un cadre nettement plus hérissé. Les akènes sont surmontés d'un pappus blanc plumeux qui se détache en boule à maturité.
Dans la nature, sa floraison s'étend de juin à octobre.
Le nom de fausse vipérine, partagé avec d'autres espèces, renvoie à la ressemblance superficielle des feuilles avec celles de la vipérine commune, une Boraginacée également hérissée de poils raides. Cette confusion morphologique entre plantes de familles différentes mais à texture similaire illustre combien le toucher a longtemps guidé la botanique populaire autant que la vision. La picris fausse vipérine est une bonne plante à nectar, fréquentée par diverses espèces d'abeilles sauvages et de syrphes, particulièrement en fin d'été lorsque d'autres ressources florales se raréfient dans les milieux agricoles.