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Polygonatum multiflorum

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Polygonatum multiflorum — sceau-de-Salomon multiflore

Vivace de la famille des Asparagacées, le sceau-de-Salomon multiflore est répandu dans toute l'Europe tempérée, des plaines jusqu'aux étages montagnards inférieurs. En Île-de-France, il est présent dans la plupart des massifs forestiers sur sol frais et ombragé. Autour de Luzarches, il s'observe régulièrement dans les lisières et l'intérieur des bois, notamment dans les secteurs en contact avec la forêt de Chantilly, souvent accompagné de jacinthes des bois comme le montrent plusieurs des photographies, association printanière caractéristique des chênaies fraîches de la région.

La plante pousse à partir d'un rhizome horizontal charnu, persistant d'une année sur l'autre. Ce rhizome porte à intervalles réguliers des cicatrices rondes laissées par les tiges des années précédentes, cicatrices qui évoquent des sceaux imprimés dans la cire et qui sont à l'origine du nom vernaculaire. La tige aérienne est unique, arquée, cylindrique, lisse et glauque, pouvant atteindre quarante à quatre-vingt centimètres selon la richesse du sol et l'intensité de l'ombrage. Elle porte sur toute sa longueur des feuilles alternes, ovales à elliptiques, sessiles, embrassant légèrement la tige, nettement nervurées en parallèle, d'un vert mat légèrement glauque sur la face inférieure. Le port arqué de la tige, avec les feuilles disposées horizontalement de part et d'autre, est l'un des aspects les plus reconnaissables de la plante dès le premier coup d'œil.

Les fleurs naissent à l'aisselle des feuilles sur des pédoncules communs portant deux à cinq fleurs pendantes, ce qui distingue cette espèce du sceau-de-Salomon odorant, Polygonatum odoratum, dont les fleurs sont généralement solitaires ou par deux et dont la tige est anguleuse. Les fleurs sont en tube allongé, blanc verdâtre, à six lobes courts légèrement relevés à l'extrémité, d'une grande discrétion dans l'ombre du sous-bois. Les photographies en gros plan montrent bien leur disposition en grappes lâches et leur teinte blanc crème avec la pointe des lobes légèrement verte.

Dans la nature, sa floraison s'étend de avril à juin.

Les fruits sont des baies globuleuses, d'abord vertes et fermes comme le montrent plusieurs clichés de début d'été, puis bleu-noir à maturité en automne, portées en petits groupes pendants sous les feuilles jaunissantes. Ces baies sont toxiques pour l'homme et doivent être absolument évitées, même si elles sont consommées sans dommage par certains oiseaux qui participent à la dispersion des graines.

Le rhizome du sceau-de-Salomon a été utilisé dans la médecine populaire européenne depuis l'Antiquité. Dioscoride et plus tard les herboristes de la Renaissance lui attribuaient des vertus pour consolider les fractures et résorber les contusions, et le rhizome pilé était appliqué en cataplasme sur les blessures et les ecchymoses. En France, cet usage topique s'est maintenu dans les campagnes jusqu'au début du vingtième siècle. Les jeunes pousses printanières, avant l'ouverture des feuilles, ont été consommées cuites dans certaines régions d'Europe, à la manière des asperges, bien que la plante entière soit considérée comme toxique à l'état cru.

Dans les bois autour de Luzarches, le sceau-de-Salomon forme parfois des colonies denses sur plusieurs mètres carrés, signe d'un rhizome qui s'étend lentement d'une année sur l'autre et d'une station stable depuis longtemps. Ces grands peuplements printaniers, mêlés aux jacinthes bleues et aux feuilles du lierre, comptent parmi les tableaux les plus saisissants que la forêt offre avant que le feuillage des arbres ne ferme entièrement la voûte.