Ficaria verna — la ficaire printanière, parfois encore désignée sous son ancien nom Ranunculus ficaria, appartient à la famille des Renonculacées. Vivace géophyte à tubercules, elle est présente dans toute l'Europe tempérée et largement répandue en France, où elle colonise une grande variété de milieux frais et ombragés.
Autour de Luzarches, elle figure parmi les plantes les plus communes et les plus visibles du début de printemps. On la rencontre dans les sous-bois humides, les bords de fossés, les berges ombragées, les prairies fraîches et les lisières de boisements, souvent en vastes tapis continus qui peuvent recouvrir le sol sur de grandes surfaces dès le mois de février. Les zones humides boisées des environs, comme les aulnaies et les saulaies de fond de vallon, lui conviennent particulièrement bien.
La plante est basse, n'excédant guère 5 à 15 cm, et forme des nappes rampantes denses. Ses feuilles sont cordiformes à réniformes, d'un vert brillant souvent luisant, parfois marquées de taches plus claires ou légèrement argentées selon les individus. Les fleurs, solitaires, portées sur de fins pédoncules, présentent un nombre inhabituel de pétales pour une renonculacée, généralement sept à douze, d'un jaune vif à jaune citron très lumineux, nettement vernissés au soleil. Cette surface brillante, caractéristique des renoncules, est due à une structure particulière des cellules épidermiques qui réfléchit la lumière.
Dans la nature, sa floraison s'étend de février à avril, parfois jusqu'en mai dans les stations ombragées ou en altitude. Elle disparaît totalement du paysage dès le début de l'été, la plante entrant en dormance estivale après avoir fructifié et constitué ses tubercules souterrains pour la saison suivante.
La ficaire se multiplie également par de petits bulbilles axillaires qui se détachent facilement et assurent une propagation végétative efficace, ce qui explique la densité et la rapidité d'extension de ses colonies. Toute la plante est toxique à l'état frais, contenant des hétérosides irritants comme les autres renonculacées. Cuite, elle perdrait une grande partie de cette toxicité, et les jeunes feuilles ont été consommées par le passé dans certaines régions, mais cet usage n'est pas à recommander. Son nom de ficaire vient du latin ficus, la figue, en référence à la forme de ses tubercules racinaires, que la médecine populaire ancienne associait, selon la théorie des signatures, au traitement des hémorroïdes, d'où son surnom de « herbe aux hémorroïdes » encore cité dans certains herbiers anciens.