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Ribes nigrum

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Ribes nigrum

Ribes nigrum — cassissier, groseillier noir

Arbuste vivace de la famille des Grossulariacées, le cassissier est indigène dans une grande partie de l'Europe tempérée et boréale, des îles Britanniques jusqu'en Sibérie. En France, il est présent à l'état sauvage dans les régions du nord et de l'est, ainsi que dans les zones montagneuses, mais sa limite occidentale et méridionale de répartition spontanée est parfois difficile à établir avec certitude, tant la plante s'échappe fréquemment des jardins et des anciens vergers pour se naturaliser dans les milieux humides environnants. Dans le Bassin parisien, les populations observées en dehors des cultures sont souvent d'origine subspontanée, issues de graines dispersées par les oiseaux depuis des jardins ou des haies cultivées.

Aux abords de Luzarches, le cassissier se rencontre principalement dans les milieux humides ombragés, en bordure de l'Ysieux et de ses affluents, dans les aulnaies-frênaies et les fourrés riverains, ainsi qu'en lisière des bois frais sur sol riche et profond. Les photographies montrent des individus installés dans un sous-bois encombré de branches mortes, en situation humide et semi-ombragée, exactement le type de milieu qu'affectionne cette espèce. Il peut former des populations denses dans ces conditions, colonisant rapidement les berges après perturbation. Sa présence dans ces milieux autour de Luzarches est vraisemblable, mais les données précises de localisation mériteraient confirmation auprès des bases de données naturalistes régionales.

Le cassissier est un arbuste de un à deux mètres de hauteur, à rameaux dressés ou arqués, sans épines, ce qui le distingue immédiatement du groseillier épineux. L'écorce des vieux rameaux est grisâtre et légèrement striée. Le trait le plus caractéristique de la plante, et celui qui permet de l'identifier avec certitude à toute saison, est l'odeur très forte et particulière que dégagent les feuilles froissées, une senteur résineuse et musquée, immédiatement reconnaissable et inoubliable une fois qu'on l'a sentie. Cette odeur est due à la présence de glandes à huiles essentielles visibles à la face inférieure des feuilles sous forme de petits points jaunâtres translucides.

Les feuilles sont palmatilobées, à trois ou cinq lobes dentés, d'un vert franc et brillant sur la face supérieure, plus pâles en dessous où les nervures sont bien marquées. Elles rappellent vaguement une feuille de vigne mais sont plus petites et surtout reconnaissables à leur odeur. Le pétiole est assez long et légèrement rougeâtre à la base.

Les fleurs, discrètes, sont réunies en grappes pendantes. Elles sont petites, à cinq pétales blanchâtres ou rosés, entourés de sépales réfléchis plus colorés, verdâtres à pourprés. La floraison passe facilement inaperçue dans le sous-bois avant que les feuilles ne soient complètement développées. Les fruits sont des baies globuleuses, d'abord vertes puis noir brillant à maturité, couronnées par les restes desséchés du calice, portées en grappes lâches le long des rameaux. Les photographies montrent bien ces baies à différents stades de maturité, mêlant encore des fruits verts et des fruits noirs sur le même rameau.

Dans la nature, sa floraison s'étend d'avril à mai.

Le cassis tient une place ancienne et bien documentée dans les traditions médicinales d'Europe du Nord et centrale. Les feuilles étaient utilisées en infusion comme diurétique et pour soulager les douleurs articulaires, usage transmis de génération en génération dans les campagnes françaises et germaniques bien avant que la plante ne devienne une culture fruitière. Les baies, consommées fraîches ou en confitures, étaient réputées fortifiantes et recommandées contre les états de faiblesse hivernaux. Les bourgeons, récoltés au printemps, entraient dans la composition de préparations destinées à soutenir les défenses de l'organisme. En Bourgogne, où la culture du cassis a pris une importance particulière à partir du dix-neuvième siècle, la fabrication de la liqueur de cassis, associée au vin blanc local pour donner le kir, a consacré la réputation de la plante bien au-delà des usages strictement médicinaux.

Sur le terrain, la confusion avec Ribes rubrum, le groseillier rouge, est possible lorsque les fruits ne sont pas encore mûrs. L'odeur des feuilles froissées reste le critère de distinction le plus rapide et le plus fiable entre les deux espèces, le groseillier rouge étant pratiquement inodore. La présence de points glanduleux dorés à la face inférieure des feuilles confirme sans ambiguïté l'identification du cassissier.