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Scrophularia auriculata

Scrophularia auriculata Scrophularia auriculata Scrophularia auriculata
Scrophularia auriculata Scrophularia auriculata Scrophularia auriculata
Scrophularia auriculata Scrophularia auriculata

Scrophularia auriculata — scrofulaire aquatique

Vivace de la famille des Scrophulariacées, répandue dans toute l'Europe occidentale et centrale, de la péninsule ibérique jusqu'aux îles Britanniques et à l'Europe centrale. En France, elle est commune dans les milieux humides de plaine. Autour de Luzarches, c'est une plante attendue le long de l'Ysieux et de ses affluents, aux bords des fossés en eau, dans les roselières basses, les mégaphorbiaies et les berges ombragées. Les photographies d'hiver montrant des rosettes persistantes au bord d'un fossé avec végétation sèche en arrière-plan correspondent exactement à ce type de station humide de plaine.

La tige est l'un des premiers caractères à observer. Elle est nettement quadrangulaire, à quatre angles saillants, mais surtout elle porte sur chaque angle une aile membraneuse étroite, verte et continue, qui lui donne en coupe transversale un profil en croix ailée très particulier. Ce caractère, clairement visible sur la première photographie montrant le détail de la tige, suffit à lui seul à distinguer la scrofulaire aquatique de la scrofulaire des chiens, Scrophularia nodosa, dont la tige est également quadrangulaire mais sans ailes. La plante peut atteindre un mètre à un mètre cinquante en pleine végétation estivale, parfois davantage dans les stations très humides et ombragées.

Les feuilles sont opposées, pétiolées, ovales à oblongues-lancéolées, à base souvent légèrement cordée ou tronquée, avec un pétiole parfois ailé à sa partie supérieure. Le limbe est crénelé-denté sur tout son pourtour, à dents régulières et arrondies, bien visible sur les gros plans. La nervation est enfoncée sur la face supérieure, ce qui donne au limbe une texture gaufrée ou bullée caractéristique, particulièrement sensible en lumière rasante. Les feuilles caulinaires supérieures peuvent présenter à leur base de petites oreillettes, lobes latéraux réduits dont l'épithète auriculata rappelle la présence. La face inférieure est plus pâle, à réseau de nervures saillant. Les tiges et les feuilles sont glabres ou presque, ce qui contraste avec la pilosité présente chez d'autres scrofulaires.

Les fleurs sont petites, globuleuses, à corolle bilabiée brunâtre à rouge sombre tirant sur le marron, typique du genre Scrophularia. Elles sont regroupées en panicules lâches au sommet des tiges. Elles passent facilement inaperçues tant leur couleur se confond avec l'ensemble du feuillage, mais leur forme en urne à deux lèvres courtes est caractéristique du genre.

Dans la nature, sa floraison s'étend de juin à septembre.

La scrofulaire aquatique est une plante hôte connue de la chenille du sphinx de la scrofulaire, Culantha scrophulariae, un papillon nocturne dont la chenille, jaune vif rayée de noir et ponctuée de rouge, se nourrit exclusivement de feuilles de scrofulaires et d'autres Scrophulariacées. Cette association est l'une des plus spectaculaires que l'on puisse observer sur les bords de l'Ysieux en été, les chenilles étant très voyantes malgré leur coloration aposématique.

Le nom de scrofulaire renvoie à un usage ancien et bien documenté. La plante était employée en cataplasme et en décoction contre les écrouelles, terme désignant les adénites tuberculeuses cervicales, et plus généralement contre les affections cutanées purulentes, les abcès et les engorgements ganglionnaires. Cet usage est attesté dans les herbiers médiévaux et chez les herboristes jusqu'au dix-neuvième siècle. La doctrine des signatures, qui associait la forme renflée du rhizome tuberculeux de Scrophularia nodosa aux nodules scrofuleux, a sans doute contribué à asseoir cette réputation thérapeutique, mais l'usage s'est étendu à l'ensemble du genre, y compris à la scrofulaire aquatique.