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Sedum acre

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Sedum acre

Sedum acre — orpin âcre, poivre des murailles

Vivace de la famille des Crassulacées, répandue dans toute l'Europe tempérée, de la péninsule ibérique jusqu'à la Scandinavie et à l'Asie occidentale. En France, elle est commune et se rencontre dans une grande variété de milieux secs et rocheux, du niveau de la mer jusqu'aux étages montagnards. Autour de Luzarches, c'est une plante des milieux ouverts, secs et pauvres en matière organique. Les photographies montrent plusieurs types de stations bien caractéristiques de la région. On la trouve sur les vieux murs de pierre calcaire, dans les fissures et sur les corniches exposées au soleil, sur les coteaux sableux ou caillouteux à sol mince, et en bordure de chemins sur substrat perméable. Les pelouses sèches sur craie ou sable des alentours de Luzarches lui conviennent parfaitement, de même que les talus exposés au midi et les zones de remblai à sol squelettique.

La plante est minuscule, ne dépassant généralement pas cinq à dix centimètres de hauteur, et forme des tapis ou des coussinets denses et persistants. Les tiges sont de deux sortes. Les tiges stériles, rampantes ou ascendantes, sont couvertes de feuilles charnues, très petites, ovoïdes à subsphériques, disposées en spirale serrée, d'un vert vif à vert-jaune, molles sous le doigt mais fermes et gorgées d'eau. Les tiges florifères se dressent en fin de printemps et portent à leur sommet des cymes scorpioïdes ramifiées, caractéristiques du genre. L'aspect général évoque une miniature de plante grasse, ce qui ne surprend pas pour une espèce adaptée à survivre sur des substrats où l'eau disponible est comptée en heures plutôt qu'en jours.

Les fleurs sont d'un jaune vif à jaune citron lumineux, à cinq pétales étroitement lancéolés et bien séparés, étalés en étoile, avec dix étamines à anthères jaunes et cinq carpelles libres. Cette structure florale à parties en nombre de cinq, avec des pétales nets et non soudés, est typique des Crassulacées et se distingue aisément des fleurs des renoncules jaunes avec lesquelles on ne confondrait guère la plante au demeurant. Les gros plans confirment la texture légèrement cireuse des pétales et la précision géométrique de la fleur ouverte, très élégante à l'observation rapprochée malgré sa petite taille.

Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à juillet, parfois jusqu'en août dans les stations élevées ou exposées au nord.

L'épithète acre et le nom de poivre des murailles renvoient à une propriété bien réelle et facilement vérifiable. Les feuilles fraîches, croquées prudemment, libèrent une saveur d'abord neutre puis franchement brûlante et poivrée, persistante. Ce caractère est dû à des substances irritantes présentes dans le suc cellulaire. Cette âcreté a été exploitée dans les usages traditionnels. La plante était appliquée en cataplasme sur les durillons, les verrues et les cors aux pieds, dont elle était censée favoriser le ramollissement et la chute par action caustique locale. Elle entrait également dans des préparations destinées aux affections cutanées chroniques et aux hémorroïdes. Ces usages sont documentés dans les herbiers anciens et chez Bonnier. La plante est cependant toxique à dose élevée et son usage interne a été abandonné.

Sur le terrain, la distinction avec Sedum sexangulare, l'orpin doux, est le point d'attention principal. Les deux espèces peuvent cohabiter sur les mêmes murs ou pelouses sèches et leur aspect général est très proche. Sedum sexangulare a des feuilles disposées en six rangées hélicoïdales régulières, souvent plus allongées et non âcres au goût, avec des fleurs d'un jaune légèrement moins vif. En cas de doute, une légère pression d'une feuille fraîche sur la langue tranche la question sans ambiguïté. Sedum album, à fleurs blanches et feuilles plus cylindriques, ne prête pas à confusion.