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Silene latifolia

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Silene latifolia — compagnon blanc, silène à larges feuilles

Vivace ou bisannuelle de la famille des Caryophyllacées, très commune dans toute l'Europe tempérée et naturalisée bien au-delà. En France, elle est présente partout et figure parmi les espèces des milieux rudéraux et des bords de chemins les plus familières. Autour de Luzarches, elle colonise abondamment les bords de routes et de chemins, les lisières herbacées, les talus, les haies et les friches à végétation dense. Elle apprécie les sols bien drainés mais relativement riches en azote, et se retrouve aussi bien en pleine lumière qu'en demi-ombre de lisière.

La plante est dioïque, c'est-à-dire que les fleurs mâles et les fleurs femelles se trouvent sur des pieds distincts. Ce caractère est peu courant parmi les Caryophyllacées européennes et mérite d'être noté. La tige est dressée, robuste, ramifiée dans sa partie supérieure, densément couverte de poils mous qui lui donnent un toucher velouté. La hauteur varie de trente à quatre-vingts centimètres selon la station. Les feuilles sont opposées, ovales-lancéolées, à nervures bien marquées, également pubescentes sur les deux faces, d'un vert assez terne. Les feuilles basales sont plus larges et pétiolées, les caulinaires sessiles et progressivement plus étroites vers le sommet.

Les fleurs sont grandes pour le genre, à cinq pétales profondément échancrés en deux lobes arrondis, d'un blanc pur, bien visibles le soir et la nuit lorsque la plante dégage un léger parfum qui attire les papillons nocturnes, ses principaux pollinisateurs. Le calice est tubuleux, renflé, fortement nervuré de dix nervures vertes à violacées sur fond blanchâtre à rosé, couvert de poils fins. Celui des fleurs femelles est nettement plus gonflé et plus large que celui des fleurs mâles, différence visible à l'œil nu quand on observe les deux types de pieds côte à côte. La photographie montrant le calice strié de nervures violettes et le bouton encore fermé illustre bien cette structure caractéristique du genre.

Le fruit est une capsule ovoïde, d'abord verte puis se desséchant en prenant une teinte fauve à brun-orangé, s'ouvrant au sommet par dix dents recourbées vers l'extérieur. Les graines sont petites, gris-brun, finement tuberculées en surface, visibles sur plusieurs des photographies qui montrent la capsule ouverte déversant son contenu. Cette capsule dentée et la graine sculptée sont des détails remarquables à observer de près.

Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à septembre, avec un pic en juin-juillet.

La pollinisation nocturne par les sphingidés et les noctuidés est l'un des traits les plus notables de cette espèce. La fleur s'ouvre pleinement à la tombée du jour et produit alors son parfum, invisible stratégie à l'usage d'un observateur diurne mais parfaitement lisible pour un promeneur attentif qui passe le soir le long d'une haie. Ce dialogue entre la plante et ses pollinisateurs nocturnes a été décrit et commenté par Darwin dans ses travaux sur la biologie florale.

Le compagnon blanc est à distinguer du compagnon rouge, Silene dioica, dont les fleurs sont rose vif à pourpre et qui préfère les milieux plus frais et ombragés. Des hybrides entre les deux espèces existent et produisent des fleurs de teinte intermédiaire, rose pâle à blanc rosé, ce qui peut créer des doutes sur le terrain. L'examen du calice et du contexte écologique aide généralement à trancher.