Solanum nigrum
Solanum nigrum — morelle noire
Annuelle de la famille des Solanacées, présente dans toute l'Europe et dans la quasi-totalité de la France. C'est l'une des adventices les plus répandues des milieux cultivés et perturbés, capable de s'installer rapidement dès qu'un sol est remué ou enrichi en azote. Elle accompagne l'homme depuis des millénaires et se retrouve dans les archives botaniques les plus anciennes.
Autour de Luzarches, elle pousse au bord des chemins, dans les jardins, les décombres, les bords de cultures, les talus enrichis et les friches rudérales. Elle apprécie les sols frais, riches en matière organique, bien exposés. On la trouve également en lisière de haies et au pied des murs, parfois en peuplements denses formant un couvert continu de feuillage gris-vert caractéristique visible sur plusieurs des photographies.
La plante reste modeste, généralement entre vingt et soixante centimètres, avec des tiges ramifiées dès la base, souvent teintées de violet sombre ou de noir, ce qui contribue à son nom. Les feuilles sont ovales, légèrement sinueuses sur les bords, d'un vert glauque, parfois franchement lobées selon les individus et les conditions. L'ensemble dégage une impression un peu terne et épaisse, assez différente de la légèreté grimpante de la douce-amère.
Les fleurs reprennent exactement le schéma du genre, cinq pétales blancs réfléchis vers l'arrière et un cône d'étamines jaune bien visible au centre, mais dans des dimensions nettement plus petites que chez Solanum dulcamara. Elles sont réunies en petites cymes de quatre à huit fleurs portées par des pédoncules latéraux. La ressemblance avec une minuscule fleur de tomate est frappante, ce qui n'a rien d'étonnant puisque la tomate cultivée appartient au même genre.
Les fruits sont des baies globuleuses, d'abord vertes et luisantes, puis noir mat à maturité, regroupées en petites grappes pendantes. Vertes, elles rappellent visuellement de toutes petites tomates. Noires, elles sont très reconnaissables. Sur une même plante en cours de fructification, les deux stades coexistent souvent, ce que plusieurs photographies illustrent bien. Ces baies sont toxiques et ne doivent pas être consommées, bien que leur degré exact de toxicité fasse l'objet de discussions dans la littérature botanique ancienne et récente.
Dans la nature, sa floraison s'étend de juin à octobre.
La morelle noire a une histoire médicinale ancienne et complexe. Elle était utilisée en cataplasme sur les inflammations cutanées, les brûlures et certaines affections douloureuses. Dioscoride la mentionne, et Bonnier rappelle qu'elle était employée en médecine populaire dans de nombreuses régions de France pour ses propriétés supposées calmantes appliquées localement. Ces usages externes sont documentés dans les herbiers médiévaux et les traités de botanique anciens. Son usage interne a toujours été regardé avec méfiance, même parmi les herboristes qui la pratiquaient.
Un point mérite d'être signalé pour ne pas induire en erreur sur le terrain. Le groupe Solanum nigrum regroupe en réalité plusieurs espèces ou sous-espèces voisines, parfois difficiles à distinguer sans examen attentif, dont Solanum nigrum au sens strict et Solanum americanum notamment. La détermination précise au niveau spécifique nécessite l'observation de détails fins comme la taille des baies, la pubescence des tiges et la forme du calice. Dans le cadre d'une observation de terrain ordinaire autour de Luzarches, ces plantes sont regroupées sous le nom de morelle noire sans qu'il soit toujours possible de trancher avec certitude.