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Tamus communis

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Tamus communis — tamier commun, herbe aux femmes battues

Vivace de la famille des Dioscoreacées, le tamier est l'une des rares représentantes de cette famille en Europe occidentale. Il est présent dans toute la moitié sud et ouest de l'Europe, remontant jusqu'en Angleterre méridionale et atteignant sans difficulté le nord de la France, où il est bien établi en Île-de-France, notamment dans le Val-d'Oise et l'Oise.

Aux alentours de Luzarches, le tamier se rencontre volontiers dans les lisières buissonnantes, les haies épaisses et les ourlets forestiers semi-ombragés. Les bords de chemins creux bordant les bois, les talus des anciennes voies entre champs et forêt, et les fourrés longeant les ruisseaux comme l'Ysieux offrent les conditions qui lui conviennent. Il affectionne les sols un peu frais et bien pourvus en matière organique, et grimpe dans les arbustes environnants avec une remarquable vigueur. Sa présence est à chercher du côté des lisières de la forêt de Chantilly et dans les haies bocagères qui subsistent dans ce secteur.

La plante est dépourvue de tiges ligneuses persistantes. Chaque année, elle développe depuis une volumineuse racine tubéreuse noirâtre enfouie dans le sol des tiges volubiles, souples, brillantes et vert vif, qui s'élancent à l'assaut des buissons en s'enroulant autour des supports disponibles. Ces tiges peuvent atteindre deux à quatre mètres de longueur selon la vigueur du pied et la hauteur de la végétation porteuse. Les feuilles sont l'un des traits les plus immédiatement reconnaissables de l'espèce : larges, cordiformes, à base échancrée, d'un vert soutenu et légèrement lustré, avec une nervation palmée très apparente qui rayonne depuis le point d'insertion du pétiole. Elles peuvent dépasser dix centimètres de large sur les pousses vigoureuses.

La plante est dioïque, ce qui signifie que les fleurs mâles et femelles se trouvent sur des pieds distincts. Les fleurs sont minuscules, vert jaunâtre pâle, réunies en grappes grêles naissant à l'aisselle des feuilles. Elles passent facilement inaperçues tant elles sont discrètes, et seule une observation attentive permet de les distinguer parmi le feuillage. Les pieds femelles donnent ensuite naissance à des baies disposées en grappes pendantes, d'abord vert brillant, puis virant progressivement au rouge vif à maturité automnale. Ces baies ovales, luisantes, persistent souvent longtemps sur la plante après la chute des feuilles, accrochées aux tiges desséchées qui s'attardent dans les buissons comme un fil de collier égaré.

Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à juillet.

Le nom populaire d'herbe aux femmes battues renvoie à un usage traditionnel bien documenté dans la littérature ethnobotanique française : la racine râpée ou les feuilles froissées étaient appliquées en cataplasme sur les contusions, hématomes et entorses. Ce savoir, transmis de génération en génération dans de nombreuses régions, s'appuyait sur la réputation résolutive de la plante, réputée faire résorber les ecchymoses et atténuer les gonflements. Il convient toutefois de signaler que la plante entière, et la racine en particulier, est toxique en cas d'ingestion, et que son suc provoque des irritations cutanées chez les personnes sensibles. L'usage topique était pratiqué avec précaution et connaissance.

Le tamier est l'une des rares lianes indigènes de notre flore tempérée. Sa silhouette grimpante, ses grandes feuilles en cœur et ses guirlandes de baies rouges en font une plante aisément repérable en lisière à l'automne, moment où le reste de la végétation commence à se dépouiller et où ses fruits persistent seuls sur les tiges filiformes, bien visibles depuis le chemin.