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Tanacetum vulgare

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Tanacetum vulgare

Tanacetum vulgare — tanaisie commune

Vivace de la famille des Astéracées, la tanaisie est répandue dans toute l'Europe tempérée, de la péninsule ibérique jusqu'en Sibérie occidentale. En France, elle est présente sur l'ensemble du territoire, avec une nette prédilection pour les milieux ouverts et perturbés des plaines et collines. En Île-de-France, elle est signalée de longue date et reste bien présente, notamment le long des cours d'eau, des voies de communication et aux abords des villages.

Aux alentours de Luzarches, la tanaisie est une plante des bords de chemins, des talus enherbés, des berges de l'Ysieux et des friches en bordure de cultures. Elle supporte bien les sols remaniés, les accotements de routes et les terrains vagues, et forme volontiers des colonies denses là où la végétation est régulièrement perturbée sans être entièrement détruite. Les lisières ouvertes et ensoleillées aux abords des massifs forestiers lui conviennent également.

La plante est robuste et bien charpentée, atteignant couramment soixante centimètres à un mètre vingt de hauteur. Ses tiges sont dressées, ramifiées dans leur partie haute, légèrement rougeâtres à la base. Le feuillage est l'un des premiers éléments qui attirent l'attention avant même la floraison : les feuilles sont profondément pennatiséquées, découpées en segments eux-mêmes dentés, donnant un aspect très finement ciselé qui évoque de loin une fronde de fougère. Leur couleur est d'un vert franc, mat, et leur froissement libère immédiatement une odeur puissante, camphréeacide, caractéristique et inoubliable, qui permet d'identifier la plante à coup sûr même sans voir les fleurs.

Les capitules floraux sont l'autre grand trait distinctif de l'espèce. Ils sont entièrement dépourvus de fleurs ligulées, ce qui leur donne cette forme de petits boutons parfaitement ronds et plats, d'un jaune intense et uniforme, réunis en corymbes denses et larges au sommet des tiges. Cette absence de languettes pétaloïdes rayonnantes est assez rare dans la famille et rend la tanaisie immédiatement reconnaissable parmi les autres jaunes de fin d'été. Les boutons persistent longtemps après la floraison, brunissant progressivement, et restent accrochés aux tiges bien avant dans l'automne.

Dans la nature, sa floraison s'étend de juillet à septembre.

La tanaisie a tenu une place importante dans les usages domestiques et médicinaux traditionnels en Europe. Elle était employée comme vermifuge, en particulier contre les oxyures et les ascaris, un usage transmis dans de nombreuses régions françaises et documenté par les herboristes anciens dont Matthiole et plus tard Cazin. On lui reconnaissait aussi des propriétés emménagogues, et elle entrait dans des préparations destinées à régulariser le cycle féminin. Dans les fermes, les bouquets de tanaisie séchée étaient suspendus pour éloigner les mouches et autres insectes des garde-manger et des étables, usage répandu jusqu'au début du vingtième siècle. La plante était également utilisée en cuisine dans certaines traditions régionales, notamment pour aromatiser des omelettes ou des gâteaux de Pâques, bien que cette pratique soit aujourd'hui abandonnée en raison de la toxicité reconnue de l'huile essentielle à doses élevées.

Signalons enfin un détail écologique notable : la tanaisie est fréquentée par un cortège d'insectes spécialisés, dont plusieurs coléoptères phytophages et des pucerons propres à l'espèce, qui contribuent à en faire un élément structurant pour la faune entomologique des milieux ouverts où elle pousse.