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Tragopogon pratensis ssp. minor

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Tragopogon pratensis ssp. minor Tragopogon pratensis ssp. minor
Tragopogon pratensis ssp. minor

Tragopogon pratensis subsp. minor — salsifis des prés

Bisannuelle ou vivace de courte durée appartenant à la famille des Astéracées, le salsifis des prés est répandu dans toute l'Europe tempérée, des îles Britanniques jusqu'en Russie occidentale, remontant assez loin vers le nord. En France, il est présent sur l'ensemble du territoire, avec une fréquence notable dans les prairies et les bords de chemins du Bassin parisien. La sous-espèce minor se distingue de la sous-espèce type par ses ligules plus courtes, n'excédant pas la longueur des bractées de l'involucre, ce qui donne au capitule un aspect plus resserré et moins rayonnant. Cette distinction, appréciable sur les photographies, est reconnue par Flora Europaea.

Aux alentours de Luzarches, le salsifis des prés est une plante des prairies mésophiles, des bords de chemins herbeux, des talus et des coteaux modérément secs. Il affectionne les sols calcaires ou neutres bien drainés, souvent en compagnie de vesces et de graminées hautes comme le montrent les photographies. Les prairies non fauchées trop tôt des environs, ainsi que les accotements des chemins ruraux entre Luzarches et les lisières de la forêt de Chantilly, offrent les conditions qui lui conviennent.

La plante est élancée, atteignant couramment quarante à quatre-vingts centimètres. Ses feuilles sont longues, linéaires, d'un vert glauque, embrassant la tige par une base élargie et charnue bien visible sur les photographies. Leur nervure centrale pâle est proéminente et les bords sont entiers et souvent légèrement ondulés. La tige est creuse, glabre, renflée juste sous le capitule avant l'anthèse, détail caractéristique bien rendu par l'une des images. Cette dilatation sous-capitulaire est un trait distinctif utile pour reconnaître le genre Tragopogon même de loin ou avant la floraison.

Le capitule est solitaire au sommet de chaque tige, entouré d'un involucre de bractées linéaires-lancéolées, vertes, souvent au nombre de huit, dépassant les fleurs ligulées dans cette sous-espèce. Les fleurs sont d'un jaune citron assez pâle, toutes ligulées comme chez tous les représentants de la tribu des Cichorieae. Le capitule ne s'ouvre qu'en plein soleil le matin et se referme en début d'après-midi, comportement partagé avec d'autres membres du genre et qui explique qu'on rate souvent les fleurs lors d'une promenade tardive.

Après la floraison, le capitule se transforme en une boule sphérique d'une grande élégance, bien plus volumineuse que celle du pissenlit, composée d'akènes allongés et nervurés surmontés chacun d'un long pédoncule portant une aigrette plumeuse à rayons pennés. L'ensemble forme une sphère arachnéenne pouvant dépasser cinq centimètres de diamètre, que le vent démantèle progressivement.

Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à juillet.

La racine pivotante charnue du salsifis des prés était autrefois consommée comme légume, cuite ou crue, dans les campagnes françaises. Elle était récoltée à l'automne ou au début du printemps sur les plantes de première année, avant la montaison. Les jeunes pousses printanières étaient également mangées en salade. Cet usage alimentaire, bien documenté dans les flores économiques anciennes et chez des auteurs comme Vilmorin, explique le nom de salsifis, même si le salsifis cultivé dans les jardins potagers appartient à la même espèce ou à des formes proches sélectionnées pour la taille de leur racine. La plante exsude un latex laiteux à la cassure, comme tous les membres de sa tribu.