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Tussilago farfara

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Tussilago farfara — tussilage, pas-d'âne

Vivace de la famille des Astéracées, le tussilage est répandu dans toute l'Europe, de la Scandinavie au pourtour méditerranéen, et présent sur l'ensemble du territoire français. Il est particulièrement abondant dans les régions à sols argileux ou limoneux, où il colonise volontiers les terrains frais et remaniés. En Île-de-France, il est commun et signalé dans de nombreuses communes du Val-d'Oise et de l'Oise voisine.

Aux alentours de Luzarches, il pousse sur les talus argileux, les bords de fossés, les berges de l'Ysieux et de ses affluents, les chemins creux humides et les lisières ombragées. Les photographies montrent des individus en situation de bord de chemin et de talus herbeux, sur sol nu ou peu végétalisé, milieux qu'il affectionne tout particulièrement. Sa capacité à s'installer sur des terres fraîchement remuées, des remblais ou des berges érodées en fait souvent l'une des premières plantes à apparaître après un terrassement.

Le tussilage présente un cycle phénologique inhabituel, immédiatement perceptible sur les photographies. Les hampes florales émergent du sol dès la fin de l'hiver, bien avant que les feuilles ne soient visibles. Ces tiges dressées, de dix à vingt centimètres, sont recouvertes d'écailles allongées, vertes à pourprées, bien visibles sur les clichés pris au stade fleuri. Elles portent chacune un seul capitule jaune vif, à nombreuses ligules fines et serrées rayonnant autour d'un disque central plus foncé. L'ensemble évoque de loin un pissenlit, mais les tiges écailleuses et l'absence totale de feuilles à ce stade permettent de l'identifier sans ambiguïté. Plusieurs photographies montrent ce stade précoce avec une grande netteté, certaines en gros plan sur un sol encore presque nu, d'autres montrant des colonies denses en pleine anthèse.

Les feuilles n'apparaissent qu'après la floraison, au printemps. Elles sont grandes, pétiolées, à limbe arrondi à cordiforme, à bords anguleux et irrégulièrement dentés. La face supérieure est vert moyen, légèrement aranéeuse dans la jeunesse puis plus glabre avec l'âge, tandis que la face inférieure est densément couverte d'un feutrage blanc argenté, serré et laineux, particulièrement bien rendu par le gros plan macro qui montre cette toison comme une surface presque minérale. Ce contraste entre les deux faces est frappant au toucher comme à l'œil. Les photographies en vue d'ensemble des feuilles montrent bien leur taille, souvent comparable à une large paume de main, et leur port étalé en rosette lâche au niveau du sol.

Après la floraison, les capitules fructifiés forment des pompons sphériques de graines plumeuses, analogues à ceux du pissenlit mais portés plus haut sur des tiges allongées et souvent courbées. Plusieurs photographies montrent des colonies entières à ce stade, avec un mélange de capitules encore jaunes, de têtes en transition et de pompons blancs déjà bien formés, parfois en train de se disperser au vent. Cette image de fouillis entre floraison tardive et fructification est très caractéristique du tussilage au printemps.

Dans la nature, sa floraison s'étend de février à avril selon l'altitude et l'exposition, souvent dès les premières journées douces de fin février dans le Valois et le pays de France.

Le nom tussilage vient du latin tussis, la toux, et résume à lui seul l'usage le plus ancien et le mieux documenté de cette plante. Les feuilles séchées ont été fumées ou infusées contre les affections des voies respiratoires dans toute l'Europe, usage attesté dès l'Antiquité chez Dioscoride et repris sans interruption dans la pharmacopée populaire jusqu'au siècle dernier. Dans certaines régions, les feuilles fraîches étaient roulées et brûlées comme un cigare rudimentaire pour calmer la toux et l'essoufflement. Le nom pas-d'âne, plus familier, fait référence à la forme des feuilles, dont le contour arrondi et le pétiole central évoquent la trace d'un sabot.